Parce qu'on en a jamais assez !

L'IMMORTEL

Le pire rôle de Kad Merad

Charles Mattei est ancien baron de la pègre marseillaise qui avait décidé de se retirer. Mais un beau jour, alors qu'il est train de garer sa voiture dans un parking sous-terrain, et que son fils l'attend à l'extérieur, il est victime d'une agression de la part d'un groupe d'hommes masqué. Étant miraculeusement sorti vivant de cette fusillade, il sort de l'hôpital, bien décidé à trouver les coupables...

Décidément Richard Berry n'a pas de chance avec ses réalisations. Après un premier film sympathique, vu du point de vue de l'enfant, mais bourré de clichés (« Moi César, 10 ans et demi »), et une comédie lourdingue (« L'art délicat de la séduction »), il avait réussi à convaincre grâce à sa troisième mise en scène, « La boîte noire », parabole sur l'inconscient, mettant José Garcia face à lui même dans un thriller claustrophobe. Malheureusement, le voici aujourd'hui flanqué d'un scénario faiblard, adaptation réduite au minimum syndical du roman homonyme de Franz-Olivier Giesbert, lui-même inspiré de faits réels datant de la fin des années 70 (la lutte entre Jacques Imbert, dit Jacky Le Mat, dernier parrain du milieu marseillais et son ennemi Tany Zampa).

Car en effet, l'histoire se réduira vite à une basique histoire de vengeance, délaissant des personnages qui auraient pourtant pour certains mérité un peu plus de consistance et d'attention. Jean Reno a rarement été aussi monolithique, son côté humain se réduisant à la première scène, de complicité exagérée avec son petit (qui n'a de cesse de lui mettre les mains sur les yeux alors qu'il conduit, et se trouve être bizarrement non attaché à l'arrière). La fliquette interprétée par Marina Foïs est peut-être la seule qui s'en sort à peu prêt, la fatigue que lui inspire sa hiérarchie et le jeu du chat et de la souris avec les gangsters se ressent lors de chacun de ses moues ou soupires.

Malheureusement, Kad Merad, lui, achève de décrédibiliser chacune des scènes dans lesquelles il apparaît, faisant de son personnage de mafioso, une sorte de pitre bien peu crédible. Il ne suffit pas de hausser la voix pour paraître un méchant. Étrangement, Richard Berry, qui joue ici un petit rôle du côté des truands, aurait certainement fait des merveilles dans ce rôle. Au lieu de cela, cet excellent acteur s'entête à jouer au réalisateur, livrant ici une honnête prestation en terme d'action et de fusillades vengeresses, hormis lors d'une ridicule scène de poursuite en moto, dans laquelle personne ne croira une seconde qu'il s'agit là de la silhouette de Jean Reno, sous cette combinaison et ce casque noirs. Et si quelqu'un lui offrait à nouveau un grand rôle ?

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire