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IL PARADISO DEL PAVONE

Un film de Laura Bispuri

Une cruelle absence d’enjeux

Une femme séparée, et son frère ayant une petite fille se rendent chez leur mère en bord de mer pour un grand repas de famille. La petite fille amène avec elle son paon…

Il Paradiso del pavone film movie

Énorme déception que le nouveau film de Laura Bispuri, réalisatrice remarquée à Berlin pour le troublant "Vierge sous serment", également auteure de "Ma fille", deux films mettant en scène Alba Rohrwacher. Celle-ci retrouve d’ailleurs ici la réalisatrice, puisqu’elle interprète la femme du frère, un rôle cependant très secondaire. L’installation des personnages manque d’emblée de structure, obligeant le spectateur à se questionner pendant la première moitié du film sur les liens des uns avec les autres. Un acte vraisemblablement volontaire, permettant au final de montrer la variété, au sein d’une même famille, des situations notamment amoureuses. Il faut dire que Laura Bispuri pose dès le départ une donnée importante : la grand mère vit non seulement avec le grand père, mais aussi avec Lucia, sa femme de ménage, qui l’embrasse tendrement quand elle lui demande si elle est toujours séduisante.

Mais au lieu de partir dans une histoire d’affirmation de la féminité d’une femme d’âge mûr, Laura Bispuri se contente d’aligner les échanges entre ses personnages, ni tendus ni conflictuels, autour d’un repas, avant de revenir en conclusion sur le pourquoi de la présence persistante du grand père, alors qu’elle est avec une femme. Un dénouement expédié en deux minutes, aussi insipide que les scènes le précédent. Difficile de voir de plus dans le métrage une parabole quelconque, même dans la figure du paon suicidaire, censé pourtant être le déclencheur de prises de conscience des personnages. Il faut dire que les individualités qu’il à l'air de fuir ici (comme la déception vis à vis de l'être pour lequel il faut soudain la roue) ne semblent ni condamnables, ni insupportables dans leur expression, laissant au spectateur une sensation de quasi totale absence d’enjeu dans leur écriture. Regrettable.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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