Bagniere comedies_confinement-04

HURRICANE

Un film de Rob Cohen

Un braquage dans le vent

Profitant d’un ouragan, un groupe de braqueurs tente de voler les 600 millions de dollars entreposés à la réserve fédéral de Gulfport. Mais une convoyeuse de fond et un météorologue chasseur d’ouragan vont tenter de les en empêcher…

Dès la scène d’ouverture, Rob Cohen nous gratifie de la scène du traumatisme vécu enfant par l’un des personnages principaux, avec la perte d’un proche dans un ouragan, ce qui va le pousser à devenir un spécialiste des tempêtes (c’est un schéma si peu commun !). Ça vous rappelle quelque chose, c’est normal, il y a de ça quelques années "Twister", et ses tornades, s’ouvrait avec le même procédé.

L’ouragan, tout au long du film semble apparaître - de façon dommageable - comme une tempête lambda sauf lors de deux scènes : la finale, avec une course-poursuite en camion, et celle typique du film catastrophe où il faut démolir de l’infrastructure pour montrer la puissance du cataclysme météorologique (ici un porte-conteneur est renversé par des vagues gigantesques et se brise sur le port tel un simple jouet). Les scènes d’action sont envoyées sans imagination et certains effets visuels relèvent de choix contestables (la tête de mort dans l’ouragan on pouvait largement s’en passer). Certains acteurs sur-jouent en particulier Ralph Ineson (qui campe le chef des braqueurs) et Ben Cross (celui de la police locale), à coup de mimiques peu subtiles, pour que l’on comprenne bien l’hostilité de leurs intentions ! Le reste du casting ne sauve pas l’ensemble, et le duo principal manque de charisme.

Les dialogues sont d’une pauvreté assez abyssale (la réplique lorsque l’héroïne n’a plus de balle vaut le détour !) et deviennent parfois involontairement drôles. Ainsi, mention spéciale aux échanges entre les deux hackers de l’équipe des braqueurs qui frisent le ridicule avec un enchaînement de termes propres au domaine informatique dans un non-sens le plus total (est-ce volontaire de la part du réalisateur pour se moquer de ces personnages ?).

En revanche, Rob Cohen a le bon sens de nous épargner la love story entre les deux personnages principaux (même si elle semble pointer quelques fois). Et quelques idées scénaristiques sympathiques sont malgré tout présentes : ainsi plus l’ouragan gagne en intensité, plus la violence des braqueurs augmente ; voyez aussi comment les héros exploitent les caractéristiques de l’ouragan pour éliminer les braqueurs (l’utilisation des vents violents pour le lancer de jante de voiture peut s’avérer une arme redoutable !) comme s’il devenait une sorte d’allié avec lequel il faut jouer tout en restant en mouvement car s’arrêter, c’est la mort assurée.

Globalement, l’ouragan de cet "Hurricane" aura quasiment tout emporté sur son passage : scénario, vraisemblance, humour etc. Malgré tout quelques bonnes idées pointent le bout de leur nez mais l’ensemble sent trop le premier degré (Rob Cohen semble avoir oublié le second degré). Le film a finalement plus l’air d’un petit orage que d’une grosse tempête divertissante. Au final il est plus, par sa qualité, un rejeton de "Black Storm" que de "Twister", mais si vous êtes féru de météorologie et d’action décérébrée, "Hurricane" est peut-être fait pour vous.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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