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L'HOMME QUI RÉPARE LES FEMMES

Un film de Thierry Michel
Avec

Pour la paix et la justice

Lauréat du prix Sakharov en 2014, le docteur Denis Mukwege se bat depuis plus de vingt ans pour sauver les femmes victimes de viols durant les conflits sur l’Est de la République Démocratique du Congo. Dans ce pays, les atrocités se succèdent sans fin sous l’effet des factions armées, n’épargnant même pas les enfants. Aujourd’hui, menacé de mort mais reconnu internationalement, le docteur Mukwege continue malgré tout son combat…

L’un des soucis du film documentaire, c’est qu’on est souvent tenté de l’analyser soit en se focalisant exclusivement sur le sujet (en parallélisant son propre point de vue à celui du film), soit en abordant la façon dont le réalisateur documente son point de vue par le découpage et la narration. Un vrai dilemme que la combinaison des deux partis pris aide souvent à abolir, rendant l’exercice plus aisé. Hélas, le film de Thierry Michel nous ramène à ce dilemme d’origine : vu l’importance de l’engagement qui sert ici de sujet et des témoignages édifiants qui viennent le solidifier, on en arrive à ne plus être capable d’opter pour une analyse filmique. Nous revoilà dans un cas délicat où le sujet d’un film s’avère finalement plus fort que le film lui-même, et où il semble difficile de lire ceci comme un reproche.

Il faut bien le dire : cet homme extraordinaire qu’est le docteur Mukwege impose en seulement quelques phrases un regard, un humanisme, une bonté d’âme et un courage qui forcent bien plus que le respect. Qu’il soit filmé durant le calme d’un entretien chez lui, qu’on l’écoute dénoncer les viols devant plusieurs commissions internationales – dont l’ONU – ou que l’on découvre l’impact de son combat sur ceux qui l’entourent (notamment des femmes qui se transforment en activistes de paix), on suit du début à la fin la transformation rapide d’un homme immobile en justicier persistant, engagé à la fois dans une action collective au niveau international et dans un travail empathique de fin psychologue vis-à-vis des victimes. D’un bout à l’autre, ce documentaire se suit comme une enquête édifiante, où le nombre croissant des victimes se mêle aux révélations les plus horribles sur cette banalisation du viol en temps de guerre. Après, que le résultat force un peu trop sur la musique pompeuse n’est qu’un détail sans importance. Ce qui reste, en sortant de ce film, c’est ce combat exemplaire pour la paix et la justice. C’était le but.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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