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L'HOMME DU PEUPLE

Un film de Andrzej Wajda

Un biopic illustratif qui a le mérite de replacer quelques repères

Lech Walesa, leader syndicaliste polonais, accepte une interview avec une journaliste italienne. Il évoque son passé, de sa position de simple électricien, à son investissement dans les révoltes de 1970, puis dans les grèves de 1980...

Débutant son film sur les émeutes des chantiers navals de Gdansk où Walesa travailla près de 10 ans, Andrej Wajda ouvre la partie historique de son biopic consacré au célèbre leader syndicaliste, par la révélation d'une de ses facettes les plus sombres, évoquant son rôle plutôt en faveur d'une accalmie du conflit et sa possible collaboration avec les autorités qui s'en suivit. "Walesa, homme d'espoir", rebaptisé "L'Homme du peuple" pour sa sortie en France, nous conte donc, de manière assez illustrative, les différentes étapes qui amèneront cet ouvrier « qui ne [se] sent inférieur personne », à devenir un homme publique, depuis la grève des armateurs, les grèves de solidarités, jusqu'à son prix Nobel de la paix en 1983.

Wajda prend comme principe de construction, des flash-back, articulés autour d'une interview menée par une journaliste italienne, comme pour mieux montrer la force tranquille de l'homme, mais aussi son propre recul sur sa manière d'agir ou d'être. Il utilise également images d'archives des manifestations et spots de propagande de l'époque, pour donner du corps à son récit. Robert Wieckiewicz, acteur véritablement investi dans ce rôle, montre une ressemblance physique frappante, et adopte des mimiques criantes de vérités (la manière de se frotter la moustache, la façon de fumer...). Incrustant à plusieurs reprises en bande sonore diverses chansons, principalement rock, qui accompagnent par leurs paroles, l'état de la nation ou la situation d'un peuple, l'auteur réussit à dynamiser un peu ce récit plutôt clinique.

On regrettera cependant que la place de la femme de Walesa soit malheureusement abordée de manière trop ponctuelle et presque anecdotique. Montrant certes sa difficile implication, le scénario la présente comme n'ayant pas un rôle de penseuse, mais comme un simple support qui cherche à faire que sa famille continue à compter. Un personnage résistant qui finit par être excédé, et qu'on aurait aimé voir plus développé. Reste le portrait aux zones d'ombre, d'un homme qui compta indéniablement dans le paysage politique international, et dont la vraie image n'apparaîtra qu'à la toute fin du film, avec la retransmission de son discours devant le congrès américain.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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