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HOLLYWOOD ENDING

Autobiographie loufoque et longuette

L'ex-femme (Téa Leoni), d'un réalisateur sur le retour (Woody Allen), pense que se dernier serait à même de réaliser le film " the city that never sleeps ", qu'elle produit avec son nouveau mari (Treat Williams). Elle réussit à convaincre ce dernier de confier la mise en scène à son ex, malgré son côté hypocondriaque. Lors du tournage, une petite complication apparaît : ce dernier devient aveugle, mais continue à tourner…

Dans Hollywood Ending, Woody Allen prend un malin plaisir à épingler les travers de la profession ou des professions cinématographiques. Il nous livre ainsi une charge contre les producteurs, plus drôle que féroce. Les producteurs associés font ainsi parti de " groupes de supports des producteurs qui ne peuvent pas se payer leur propre jet ". Les négociations pour les contrats sont montrées sous un jour à la fois ridicule, infantile et ringard. L'agent du réalisateur réussit en effet à lui faire avoir un pourcentage de 1/10 de 1% des bénéfices, " une fois le film remboursé 4 fois ". Ce à quoi le réalisateur répond : " waoh, tu es un vrai requin ! ". Edifiant.

L'idée, excellente de faire tourner un film à un aveugle est finement exploitée, et donne lieu à de nombreuses situations grand-guignolesques. La gestuelle y prend donc une place importante, et les hésitations et balbutiements connus de Woody y font des merveilles. Au moins tant que le spectateur n'a pas l'impression d'une redite ou d'une surenchère dans le gag.

Et c'est là le problème du film : sa longueur, et la répétitivité des scènes de tournage à l'aveuglette. Reste une bonne comédie, et une série de clins d'œils savoureux à la carrière et à la vie du metteur en scène de La Rose pourpre du Caire, dont celui de la fin, véritable cerise sur le gâteau, qui a su faire son effet lors de la projection en ouverture de Cannes.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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