Parce qu'on en a jamais assez !

HIMIZU

Un film de Sono Sion

CONTRE: Niveau -1 - Un laborieux encouragement à se relever

Après le passage du tsunami, il ne reste que des ruines de la ville dans laquelle vivait le jeune Sumida. Autour de lui survivent quelques personnes, sous des tentes, comme sa famille, avec les membres de laquelle les tensions sont de plus en plus fortes. Avec certains d'entre eux, il va tenter de retaper une cabane, pour en faire un lieu de convivialité...

Le film japonais « Himizu », mis en scène par Sono Sion (« Cold fish », thriller sanglant et barré, découvert à Venise en 2010, et « Guilty of romance », présent à Un certain regard à Cannes 2011) aura fait partie des nombreux films divisant spectateurs et critiques du Festival de Venise 2011. Pour ce film, l'auteur avait initialement choisi d'adapter un manga, finissant par l'inscrire dans les suites du tremblement de terre du 11 mars 2011 au Japon et du tsunami qui s'en suivit. Il ouvre ainsi son film sur d’impressionnantes images de ville dévastée et nous fera entendre à plusieurs reprises les sons d'une tempête destructrice qui résonne encore dans les têtes des survivants.

Après cette brève introduction, son film commence, centré sur Sumida. Quand cet adolescent n'est pas à l'école, il tente d'échapper à l'influence de son père (qui lui reproche d'être encore vivant), en se réfugiant dans une cabane encore debout, que d'autres l'aident à retaper, espérant en faire un bar, un lieu d'une vie retrouvée. « Himizu » (qui signifie taupe) est un étrange film, qui, du fait de son caractère extrêmement répétitif, paraît d'autant plus long (il dure près de 2h20). En effet, le héros, un garçon renfermé qui ne sourit jamais et ne croit pas vraiment en lui-même, est suivi en permanence par une jeune fille hystérique, personnage insupportable de naïveté et d'enthousiasme béa, qui finit par donner une seule envie : se boucher les oreilles.

Le message sous-tendant cette œuvre est plutôt limpide et sincère. Tel un leitmotiv, il est exprimé par le professeur dès la première scène de classe : les Japonais sont capables de se relever, ils l'ont toujours fait. Celui-ci encourage ainsi ses élèves à « avoir un rêve », à rester ou devenir entreprenants, tout en affirmant que « l'ordinaire est le mieux », et qu'en conséquence chacun a sa chance et doit y croire. Ainsi, le héros a logiquement une capacité à encaisser les coups à l'infini, mais malin, va trouver un étrange moyen de faire le « bien ». Dans une bouillie visuelle dont on peut renoncer à chercher la structure, l'auteur confronte donc son couple de personnages à quelques personnages secondaires malgré tout intéressants, comme le mafieux qui ne veut pas d'argent sale, tout en rabâchant son propos jusqu’à l’écœurement. Une très grosse déception pour un film qui bascule pourtant dans une violence d'habitude jubilatoire chez Sono Sion.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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