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Un film de Lee Kang-sheng

La vie loin des couleurs néon

Un homme, pris d’une crise d’angoisse, se met à respiré ses plantations de cannabis. Mis en faillite et sur le point d’être saisi, il lance un appel de détresse…

L'acteur des films de Tsai Ming Liang passe derrière la caméra pour un premier film sur la solitude, et l'incapacité à des relations à distance comme du contact charnel à sauver l'homme. Bourré d'obsessions, le film aligne d'amusantes scènes aux abords d'un « comptoir » nocturne tenu par de belles jeunes femmes aux jupes très courtes, qui pourraient bien ne pas vendre que des cigarettes. Et il donne à voir une série de scènes de sexe, en résonance avec des gestes quotidiens fourmillant d'insistants symboles phalliques, dont de nombreuses saucisses et autres oreiller géant en forme de boudin...

Si les corps, source d'un plaisir brut, sont mis en valeur, certains deviennent par moment, par le biais de projections de « motifs lumineux », de symboliques sacs Vuitton, images de la marchandise qu'ils peuvent facilement devenir. La poésie n'est donc pas loin (un homme ruiné y prend des tafs de shit au travers du combiné du téléphone) et l'humour et le désespoir aussi. Mais malgré le magnifique plan final, on se demande bien sûr où ce nouvel auteur asiatique veut en venir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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