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HAPPY BIRTHDEAD 2 YOU

On prend les mêmes et on recommence, tout en restant créatif

Quand Ryan, le colocataire de Carter, spécialiste des entrées impromptues dans la chambre, se met à revivre la même journée, le 19 mars (lendemain de l’action du premier volet), un nouveau problème se posse. Alors que Tree, Carter, Ryan et deux nouveaux venus tentent de résoudre le problème, Tree se retrouve projetée le matin du 18 mars, condamnée à revivre la journée qu’elle a déjà vécue 11 fois. La même journée ? Pas vraiment…

Happy Birthdead 2 you film image

N’allez surtout pas voir le deuxième volet si vous n’avez pas "Happy Birthdead" fraîchement en tête, car le film initial fonctionne comme toute la partie exposition de ce deuxième et nombre d’éléments de l’intrigue sont basés sur une connaissance préétablie, quoique parfois soulignée, du premier volet.

Avant même le premier plan, les liens entre les deux films, outre leur continuité temporelle parfaite, sont souligné par le logo Universal qui incarne le « high concept » au cœur du film. Souvenez-vous la manière dont il se répétait dans le premier : ici il se dédouble et en effet, le film traite de doubles et de réalité alternative.

C’est justement par le détour du multivers que les créateurs de ce second volet ont pu réutiliser le procédé d’"Un jour sans Fin" sans que les deux films soient une copie l’un de l’autre. En effet, l’une des pistes restée sans réponse dans le premier (comment la boucle a-t-elle été générée ?) était laissée en suspens. La réponse n’est autre que la suivante : Ryan a construit une machine ayant pour but de ralentir le temps, mais celle-ci a en fait créé une boucle. Alors que les personnages tentent de stopper la machine, Tree se trouve renvoyée dans ce qu’elle pense être le passé, soit le 18 mars, jour qu’elle a déjà vécu onze fois. Son premier réflexe, après l’hystérie, est d’aller trouver Ryan pour qu’il la renvoie au 19. Mais la journée n’est pas tout à fait la même. Elle se trouve en effet dans un univers parallèle. Et qui dit univers parallèle dit chercher les différences. Cette partie du film mise sur la connaissance que le spectateur a du premier film. Pour ne rien divulgacher (eh oui ce mot existe, version française de spoiler), nous n’évoquerons pas les deux changements majeurs car ce sont les enjeux du film.

Le retour dans le temps est un procédé créatif riche, Christopher Landon et son équipe ont su en faire une utilisation novatrice en questionnant le principe de la mémoire quand le premier ne l’utilisait que pour trouver des réponses par tâtonnement. Le fait que Tree ne soit plus seule, mais qu’elle interagisse avec un groupe, change la dynamique du retour dans le temps. Le personnage de Tree est un casse-tête pour les scénaristes, car il faut réussir à la faire évoluer et progresser sans nier ce qui s’est passé dans le premier film et tout le parcours qu’elle a déjà effectué, et ils s’en sortent admirablement.

Ce film, comme le premier, est un teen movie qui n’a pas à rougir de l’être. Tout est bien fait et les intrigues, comme l’humour, sont efficaces. Seul le côté un peu bien-pensant et leçon de vie, souvent inhérent à ce type de film, vient quelque peu ternir une très bonne copie. "Happy Birthdead" est peut-être aujourd’hui ce qu’était "Scream" à son époque : un film d’adolescents dosant habilement la comédie et l’horreur et présentant des types de personnages et des problématiques de leur temps.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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