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LE GRINCH

Une petite déception

Alors que les habitants de Chouville s’appêtent à fêter Noël, le Grinch, qui vit dans sa grotte à l’écart, contraint de faire ses courses au village, se retrouve totalement écœuré par la bonne humeur qui règne. Il décide alors de leur voler Noël, en raflant tous leurs cadeaux et sapins. Mais pour cela il lui faut un traîneau et des rennes...

En confiant aux sbires d’Illumination une nouvelle adaptation du « Grinch », on espérait forcément des auteurs de la trilogie "Moi, moche et méchant", de "Tous en scène" et "Comme des bêtes", un récit hilarant alignant un gag à la minute et des personnages tous aussi trognons et tordants les uns que les autres. C’était sans doute que l’on avait oublié que la nouvelle du Dr Seuss, dont les Américains sont si friands, ne fait que 69 pages, et que Illumination a voulu sans doute lui rester le plus possible fidèle.

Déjà adapté en dessin animé en 1965 ("Comment le Grinch a volé Noël !" de Chuck Jones, avec la voix de Boris Karloff) puis en live par Ron Howard en 2000, avec Jim Carrey dans le rôle principal, "Le Grinch" ne fait pas ici réellement peau neuve. Si l’animation est fluide, elle reste peu spectaculaire, les fioritures de Noël ne surprenant guère et confinant à la saturation. De plus, les habitants de Chouville sont à peine esquissés, et on a finalement bien plus de temps pour s’attacher au renne obèse remplaçant tous les autres (la faute à une drôle de chèvre qui restera à l’état d’anecdote), ou au chien complice qui joue à merveille les faire valoir pour son odieux maître.

La déception provient donc sans doute d’un scénario dans lequel la méchanceté de l’anti-héros semble ici bien faiblarde, les soubresauts de son âme d’enfant contrarié paraissant plus nombreux que ses infamies. Des pointes de tendresse remplacent ainsi bien vite le potentiel acide de ce vert personnage, laissant les amoureux du cynisme à leur ennui. Rien de déshonorant donc : juste une comédie mollassonne, au graphisme soigné, qui ne surprend guère et provoque seulement quelques sourires.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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