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GOING DOWN IN LA-LA-LAND

Une certaine vision de L.A.

Adam débarque chez son amie Candy, dont il devient le colocataire. Comme pour beaucoup, son espoir en arrivant à Los Angeles est de devenir acteur. Mais malgré ses démarches, les opportunités de castings se font rares et il va devoir passer par tout un tas de petits boulots...

« Going down in LA-LA-Land » est en quelque sorte un conte de fée gay, dont le principal intérêt est de porter un jugement assez dur sur la Cité des Anges. Car la réussite n'est pas donnée à qui veut. Adam débarque en effet chez une amie, Candy, elle aussi en recherche de petits rôles, mais comme certains le lui font remarquer, elle n'est plus si jeune. Et ses prestations se limitent à des publicités ou des apparitions aujourd'hui bien anciennes. Du coup, elle aussi va devoir se diversifier. Dans son approche du désenchantement artistique, le film de Casper Andreas ne manque pas d'humour, mettant en parallèle la plongée de Adam dans les bas fonds (de réceptionniste, il passe à employé dans une firme porno, puis à modèle et escort...), et les aventures de sa cinglée d'amie. Ne démordant jamais de son objectif, elle va mettre ses talents d'actrice au service d'autre types de jobs : animatrice d'un site Internet dédié à ses fans de son seul et unique rôle (une vampire), dresseuse d'esclave à domicile. Elle est donc prête à tout pour être célèbre.

Adam, lui, incarne malgré tout l'image du garçon innocent, embringué malgré lui dans des relations où la drogue guette, quand ce n'est pas la célébrité elle-même qui bride le naturel. Matthew Ludwinski traverse l'ensemble de ces situations, un peu trop figé dans son rôle de beau garçon. Il arrive cependant à être touchant dans quelques scènes avec John, star du petit écran, cachant sa condition homosexuelle. Interprété par un Michael Medico au charme discret et à la retenue empreinte d'une souffrance solitaire, on regrettera de voir apparaître ce personnage si tardivement dans l'histoire. Mais le clou du spectacle c'est sans doute Candy (Allison Lane), perturbée par une rupture non digérée, aussi cynique qu'effrontée. Lasse de ne pas percer dans le métier, elle n'hésite pas en effet à se moquer des nouvelles venues ou à s'afficher dans les pires situations, histoire d'être remarquée. Elle aligne ainsi les morceaux de bravoure. Le meilleur advient lorsque dans une soirée où toutes les filles sont actrices, elle attire tous les regards en déclarant être vétérinaire et décrit une opération sur un cheval ! Restez donc au générique de fin, elle en squatte une bonne partie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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