LES GARCONS SAUVAGES

Des jeunes garçons métamorphosés

Le jeune Tanguy s’échoue sur une plage. Des marins le trouvent et le déshabillent. Il n’est pas arrivé là par hasard. Lui et ses amis ont commis un meurtre sauvage qui n’a pas pu être prouvé. Pour adoucir ces jeunes délinquants, un capitaine se présente avec une méthode soit disant capable d’adoucir les plus vils voyous…

Il faut admettre que pour son premier long-métrage, Bertrand Mandico accouche d’une œuvre bien singulière. Avec un budget que l’on imagine très restreint, le réalisateur parvient à conférer une patte qui est propre au film. Dans un noir et blanc très contrasté à l’ambiance exotique du début du siècle, le jeune réalisateur débute son histoire par un viol collectif. On est assez vite désarçonné par le caractère borderline assumé de ce film jonglant allègrement avec la sensualité et le caractère sulfureux du récit.

Cinq jeunes se retrouvent au tribunal suite au viol et au meurtre de leur professeur de théâtre mais en l’absence de preuves concrètes, il ne reste que leurs paroles. L’affaire est donc classée sans que pour autant ces jeunes ne soient mis hors de cause. Leurs méfaits précédents font pencher la balance en leur défaveur et leurs parents sont prêts à tout pour les remettre dans le droit chemin, y compris à les confier à un capitaine qui prétend pouvoir rendre docile n’importe quel délinquant. Preuve à l’appui : il revient avec un spécimen complètement à ses ordres et une pulpeuse jeune fille qui, dit-on, est sa fille. Il y a, en revanche, une chose qu’il ne peut pas promettre aux parents : ramener leurs enfants vivants.

Sorte de conte surréaliste aux accents pervers, la sexualité y est un sujet prépondérant à l’image de cette île de plaisirs où les plantes s’apparentent à des organes génitaux provoquant jouissances enivrantes à ceux qui les consomment. Cette île introduit d’ailleurs le véritable sous-texte du film, à savoir, les hormones, les testostérones et surtout, à l’aide d’une belle pirouette, la question du genre. Les comédiens sont parfois faux, mais leur performance ne jure jamais avec l’ambiance si particulière que Mandico met en place. Il en demeure, malgré ces imperfections, une œuvre assez unique et originale pour être remarquée, qui pourra plaire ou bien répugner.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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