Banniere-Berlinale-2019

FOXTROT

Un film de Samuel Maoz

Un percutant triptyque

Une porte s’ouvre. Des soldats apparaissent sur le palier. Ils annoncent la mort de leur fils à des parents dont le malaise devient de plus en plus palpable...

Avec les pas du fox-trot, au final, on finit toujours au même endroit. C'est autour de ce principe que le nouveau film de l'israélien Samuel Maoz, dont le percutant et claustrophobe "Lebanon" avait remporté le Lion d'or en 2010 au Festival de Venise, se construit, en trois parties aux styles et tonalités totalement différents. Critiquant au passage l'absurdité du service militaire et la manière dont l'armée ne laisse aucune place aux familles, même lors d’un deuil, il met deux parents dans la tourmente, ceux-ci apprenant dans un premier temps la mort de leur fils au combat. Avant que quelques précisions ne viennent chambouler à nouveau les esprits…

La première partie du film est volontaire éprouvante, la mise en scène déstabilisant par ses angles de vue et l’utilisation de motifs géométriques, autant qu’au niveau sonore (le chien contre la vitre...), à l’image du ressenti du père, la seconde, consacrée au fils, s'avère plus légère, adoptant un certain décalage humoristique qui n’est pas sans rappeler les films d’Elia Suleiman. Quant à la troisième, elle achève de vous déchirer le cœur, de manière certes, plus douce, en affichant une certaine résignation dont la résonance politique est évidente. C’est au fond certainement la combinaison de ces partis-pris de mise en scène visant à secouer autant le spectateur que les parents de ce soldat malgré lui, et d’un message politique sur l’impasse idéologique et l’immobilisme stérile du pays, qui aura permis à "Foxtrot" de repartir du Festival de Venise 2017 avec un fort mérité Grand Prix du jury.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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