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LE FILS DE L'EPICIER

Un film de Eric Guirado et Chris Wedge

Touchant

Suite à un malaise que vient de faire son père, un jeune homme fraîchement licencié, accepte d'aider sa mère à tenir l'épicierie de famille, dans un village du fin fond de la Drôme provençale. Il en profite pour inviter quelques jours celle qu'il aime en secret...

Pour son deuxième film, après « Quand tu descendras du ciel », Eric Guirado a choisi de rester en Région Rhône Alpes, filmant avec tendresse une campagne reculée, ainsi que les villages et bourgs traversés par la tournée de livraison de son héros solitaire. Son film, qui tourne autour des problèmes de communication dans la famille, est le touchant portrait d'un jeune homme indépendant et un peu instable, cherchant l'amour au travers d'une amie, forcé à faire face à la figure du père, exigeant et dominateur, blessé par le départ de son fils.

Enjoué et libre, son film vaut surtout pour la qualité de son casting, y compris dans les plus petits rôles. Guirado s'offre ainsi une brochette de vieillards tous convaincants et naturels pour interpréter les clients des hameaux isolés. Certains ne sont d'ailleurs nullement comédiens et ont été castés directement sur les lieux de tournage. Nicolas Cazalé, décidément brut de décoffrage, naturel dans ses colères et son côté boudeur, comme dans les moments de fragilité cachée, a droit à une scène de règlement de comptes avec un Daniel Duval, terrifiant de doute et de froideur blessée.

Clotilde Hesme (« Les chansons d'amour ») dégage, elle, un charme incroyable. Pétillante dans les scènes de vente ambulante, on croit dur comme fer à sa complicité avec le personnage de Cazalé. Mais Guirado choisit des voies tortueuses pour leur histoire d'amour, comme cela serait le cas dans la réalité. Stephan Guérin Tillié, en frère courage, humilié, vient malgré lui semer le trouble dans leur relation. Mais comme le positif semble toujours l'emporter, comme l'espoir d'une issue, ce sont finalement les personnages loufoques qui finissent par marquer le plus, et attendrir, comme la vieille qui sort avec son masque à gaz, ou qui se fait assomer par la porte de la camionette. Et on se dit alors que ce film a décidément un charme incroyable.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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