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EXTRATERRESTRE

Un film de Nacho Vigalondo

Une comédie sans le sou, très espagnole...

Un homme se réveille chez une femme dont il semble avoir oublié le prénom. Cela dit, elle aussi, a l'air d'être un peu surprise de le trouver là. Il s'appelle Julio, elle, Julia. À leur grand étonnement, ils s'aperçoivent que le téléphone est coupé, qu'Internet ne fonctionne pas et que la télévision n'émet plus. Ils ouvrent alors les rideaux et découvrent une soucoupe volante placée au dessus de la ville...

L'auteur de « Los cronocrimenes » récidive avec une comédie en huis clos, impliquant un couple fraîchement formé et peu probable, auquel s'ajoutent le petit ami de la fille, et un voisin envahissant, coincé et jaloux. Maniant l'ironie à tout bout de champ, sport favori des Espagnols, le scénario bavard de « Extraterrestre » questionne autant la nature du couple et celle, volage, de l'être humain, que la réaction de l'homme face à la différence et au danger. Mais il analyse surtout la différence entre l'homme et la femme.

Rythmé, cynique en diable, cette histoire développe sans aucun moyen, une vision quelque peu ridicule d'une résistance désorganisée, s'incarnant dans une pitoyable télé amateur. Il fait aussi un portrait au vitriol des bassesses de l'adultère, offrant quelques scènes mémorables lorsque Julio tente de se faire passer pour un extra-terrestre aux yeux du copain trompé, histoire de dédouaner sa belle, ou que le voisin, barré (Carlos Areces, découvert chez nous dans « Balada triste », irrésistible), s'installe dans l'immeuble d'en face avec un drapeau dénonçant la liaison entre Julio et Julia, et fait une étrange utilisation d'un lanceur de balles de tennis automatique. Reste que ce film, à l'humour et aux références très ibériques, aura bien du mal à passer les Pyrénées pour arriver jusqu'à nos écrans.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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