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ELSA ET FRED

Un film de Marcos Carnevale

Trop d'extravaguance tue le naturel

Une petite vieille, dont le mari est décédé, s'installe dans un nouvel appartement. Rapidement, elle s'immisce dans la vie de l'un de ses voisin de pallier, au début un peu sauvage...

Quand un personnage envahit littéralement l'écran cela peut donner le pire comme le meilleur. Ici, le scénario de cette bluette pour personnes âgées, empli de l'espoir d'un amour jamais trop tardif, fait beaucoup trop de place à une extravaguante grand mère dont la gouaille finit par agacer plus que séduire. Si l'on comprend bien ce qui initialement va provoquer l'amour du vieux voisin, veuf lui aussi, entre intrusion forcenée et tempérament de feu, on finit par se dire que tout de même, cette dame là est bien mal élevée et fort égoïste. Certes sa vision de la vie, dont il faut profiter à tout prix, plaît forcément, mais sa manière d'obliger l'autre à entrer dans son trip semble un peu effrayante.

D'autant que l'actrice (China Zorrilla) en fait des tonnes, entre sourires faux-culs, badineries et piaillements incessants. Son partenaire, lui, est finalement bien plus crédible dans sa timidité voire sa gêne. Malgré tout, on s'amuse de leur repas au restaurant qui se termine en fuite pour n'avoir pas payé. Et surtout, malgré un caractère omniprésent tout au long du film, on se régale de l'allusion finale à « La dolce vita » de Fellini. A tout âge un rêve peu devenir réalité. A tout âge on peut encore aimer et faire preuve de générosité. C'est certainement là le message de ce joli film qui aurait mérité d'être, rien qu'un peu plus sobre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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