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ELLE EST DES NOTRES

Un film de Siegrid Alnoy

Incompréhensible

Une secrétaire à la limite de l'autisme, passe son temps à s'inventer une vie remplie. Alors qu'elle va à la piscine avec sa seule amie, Patricia, elle se vexe et la tue…

Difficile, voir très ardu de critiquer un film pareil. Présenté à la semaine de la critique 2003, ce film français, tourné en Rhône Alpes, en a dérouté plus d'un. D'un récit du quotidien pathétique d'une célibataire trentenaire, on bascule soudain, lors d'une scène de meurtre aussi insupportable que difficilement compréhensible sur le principe, vers une sorte d'univers parallèle, ou de seconde vie pour l'héroïne. Elle devient tout à coup intelligente, soignée, et obtient un poste de responsabilité, où elle peut bien entendu exercer toute sa hargne et son mépris sur l'humanité.

Discours prétentieux sur la jalousie et la réussite sociale, ce film aux dialogues qu'on dirait sortis d'un mauvais Godard, ou d'une parodie des nuls (ou de la pub crunch) sur les films art et essai, est parfois d'un abstrait qui frôle le n'importe quoi. La scène où l'héroïne sort de la route avec sa voiture et regarde le paysage en philosophant, et où son stagiaire lui déclare tout son soutient restera un grand moment de ridicule cinématographique. On se demande où la réalisatrice a voulu en venir, mais une chose est sûr, c'est qu'un tel film ne réconciliera pas le public avec l'art et essai, et que l'on est inquiet à l'idée même que son auteur puisse récidiver.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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