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ELEKTRO MATHEMATRIX

Un film de Blanca Li

Kamoulox khorégrafik

Entièrement chorégraphié et dépourvu de trame narrative, « Elektro Mathematrix » est une comédie musicale urbaine qui décrit par la danse et le mouvement ce qui forme la vie quotidienne d’un lycée…

Du côté de la réalisation, on avait quitté la chorégraphe Blanca Li sur "Le défi", nanar imbuvable sorti en 2001 où l’efficacité pour le moins inégale des scènes de danse (due notamment à trop d’accélérés et de mouvements improbables !) faisait presque tâche au beau milieu d’un scénario consternant, servant des enjeux frelatés (genre « le bac c’est mort, je veux juste gagner un concours de danse ! ») sur coulis de dialogues mal écrits. Après une catastrophe pareille, la miss Li s’était redirigée vers le spectacle scénique tout en signant quelques collaborations pour le cinéma (la danse des "Amants passagers" de Pedro Almodovar sur I’m so excited des Pointer Sisters, c’était elle !). Et pour son retour derrière la caméra, la voilà qui tente une version cinématographique de son spectacle Electro kif, dépourvue du moindre dialogue – à peine quelques borborygmes quasi inaudibles – et tournée à 100% dans des décors naturels.

Sans nul doute, "Elektro Mathematrix" prouve une chose : Blanca Li a eu raison de laisser toute velléité scénaristique à la poubelle et de se limiter à son domaine de prédilection, la captation de pures chorégraphies sur de la musique électro survoltée. Avec l’aide d’une bonne quinzaine de danseurs aux facultés de contorsionnistes et à la rapidité totalement stupéfiantes (tout cela rappelle souvent le « krump » du documentaire "Rize"), elle s’en donne ici à cœur joie pour revisiter une journée lycéenne en orgie non-stop de mouvements chorégraphiques, et ce en prenant bien soin d’inscrire chaque danse dans un décor pour le coup exploité au maximum. Partie de basket ou de ping-pong, cours de mathématiques, interrogation écrite, pause déjeuner à la cantine, battle musicale à la récré, appel téléphonique : tout devient ici prétexte à l’élaboration d’une danse dont l’énergie interne confine à la sidération. Et même lorsqu’elle s’attarde sur quelques imitations improvisées de Michael Jackson ou sur un revival de "Dancer in the dark" dans un atelier d’usine, Blanca Li tient son objectif : faire naître l’exaltation à partir du rythme. Question voltage, c’est donc plutôt élevé.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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