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EL GRAN MOVIMIENTO

Un film de Kiro Russo

Une évocation limite expérimentale de la misère urbaine

Des mineurs ont parcouru des dizaines de kilomètres à pieds en sept jours depuis Huanuni pour venir à la ville de La Paz, grouillante et bruyante, et y trouver un travail. Mais l’emploi recherché n’est pas forcément au rendez-vous…

El Gran Movimiento film movie

"El Gran Movimiento" s’ouvre avec un lent zoom avant, sur une ville immense, accompagné d’une augmentation des bruits ambiants (chantiers, bouchons…). S’en suit une série de plans évoquant l’aspect grouillant et bruyant de la mégapole où sont venus trouver un emploi des mineurs, dont le jeune Elder. Le metteur en scène, Kiro Russo, utilise des reflets pour évoquer la vie et le mouvement, les sons amplifiés du passage d’un téléphérique, avant de terminer sur des posters électoraux et une manifestion de ces mineurs victimes de l’exode rural. Sans véritable récit, on devine l’entraide, auprès des femmes du marché, les images se concentrant surtout sur le difficile labeur (chantiers manuel de déconstruction, transport de sacs de nourriture plus lourds que les hommes eux-mêmes…).

Par moments contemplatif (les plans impressionnants sur le SDF errant dans les collines alentour, avec la ville tentaculaire en fond), le film bascule dans l’expérimental, avec tantôt de bonnes idées (une chorégraphie nocturne façon « Thriller », impliquant SDF, vendeuses et autres…), tantôt de moins bonnes (le montage accéléré des dispositifs de la mine - découpe, tapis roulant… -, et surtout le lourd parallèle avec le hachoir à viande…). La parabole sur l’exode rural et le broyage des individus en milieu urbain n’est pas légère. Mais restent cependant quelques évocations des croyances locales, entre offrande à la terre mère (la Pachamama) et rituels de guérison. Le film reste cependant une vraie déception.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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