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DONOMA

Un film de Djinn Carrénard

Peu d’argent mais beaucoup d’idées

Lors d’une soirée entre copines, une enseignante en lycée professionnel raconte comment elle a calmé un de ses étudiants chahuteur. Une photographe à la vie affective et amoureuse complètement désertique décide de se trouver un amant grâce à son objectif et au hasard. Une jeune athée confesse à sa psychiatre qu’elle a souvent l’impression de léviter...

« Donoma », pour les initiés, pour les réalisateurs fauchés, ceux qui n’ont pas d’entrée dans le monde du cinéma grâce à papa ou maman, c’est plus qu’un film. C’est un projet. Celui de produire et distribuer son long-métrage en toute indépendance. Depuis sa présentation à l’Acid au festival de Cannes 2010 où il avait déjà fait sensation, ce film, réalisé avec seulement 150 euros, a fait son petit bonhomme de chemin. Londres, Montreal, Alger, Pusan, enchaînant les festivals, Djinn Carrénard et son projet se sont bâtis une petite réputation dans le milieu professionnel, ce qui lui a permis de s’attaquer à la distribution avec l’aide de Commune Image Media et d’obtenir une sortie nationale en France.

Bien que la genèse de cet élan artistique indépendant soit passionnante et que l’on pourrait y consacrer un article entier, intéressons nous au produit de cet effort. À l’instar de sa fabrication, « Donoma » est un film hors norme également du point de vue artistique, à mille lieues des productions formalisées du paysage audiovisuel français. En fait, « Donoma » prendra le spectateur à contre-pied sur bien des points. Visuellement tout d’abord, avec ces cadres collants aux plus près des acteurs, ces mises au point subites mais toujours esthétiques, le style de Djinn Carrénard reste particulier et emprunt d’une aura oscillant entre un élégant amateurisme et d’un épatant professionnalisme.

Film sur l’amour et la destinée, ce premier long métrage met en évidence l’absurdité et tout la complexité des relations humaines. Pourquoi deux personnes si différentes s’attirent-elles ? Nos rencontres sont-elles guidées par une destinée quelconque ? Djinn Carrénard et l’ensemble de sa troupe d’acteurs, tous très impressionnants, déploient une dynamique captivante et bouillonnante d’humanité. Malgré ses défauts souvent inhérents aux films choraux (certains segments de ces 3 histoires demeurent parfois indigestes et/ou ennuyeux), « Donoma » reste une œuvre unique qui force le respect de par son modèle économique. Une belle et encourageante initiative. À renouveler.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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