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DIOR ET MOI

Dior, j’adore… mais là…

En avril 2012, le styliste belge Raf Simons est nommé directeur artistique de la maison Christian Dior à la suite du départ précipité de John Galliano. D’emblée, il se retrouve confronté à un défi de taille : il n’a que huit semaines avant le défilé de sa première collection haute couture. Lui et son équipe vont devoir se dépasser et travailler ensemble pour atteindre cet objectif…

Les documentaires ancrés dans le domaine de la mode se font plutôt rares, et celui de Frédéric Tcheng n’en était pas moins prometteur : revenir sur le travail d’un styliste secret et atypique, dont la vision tend parfois à contraster avec le style de la maison mythique qu’il doit désormais diriger. Il y avait là l’occasion de livrer un portrait sans concession du monde de la mode, avec, en filigrane, la dissection du travail d’un artiste plongé dans un univers qui n’est pas fondamentalement le sien – Raf Simons se définit lui-même comme un minimaliste. Or, rien de tout ça dans "Dior et moi", qui retranscrit davantage le planning serré auquel doit faire face la maison Christian Dior pour finir sa collection en vue d’un défilé rempli de stars prestigieuses (on y reconnaîtra Marion Cotillard, Sharon Stone, Isabelle Huppert, Jennifer Lawrence, Anna Wintour, et même Harvey Weinstein !).

Ce parti pris de « faux suspense » se révèle être en tout point une fausse bonne idée, d’abord parce qu’il peine à faire ressentir l’urgence de la situation sur 1h26 par l’intermédiaire du découpage (trop posé pour entretenir une tension), ensuite parce qu’il ne permet pas d’englober clairement la passion et le métier de Raf Simons, créateur timide et surdoué qui met un point d’honneur à fuir les projecteurs. Enfin, parce que l’on passe tout le film d’une micro-interview à une autre, en grande partie autour des petites mains et des collaborateurs de la maison Dior qui évoquent vite fait leur travail sans que le montage ne leur offre la possibilité de développer davantage. Réduit au rang de témoin passif et ballotté d’une salle à l’autre sans pouvoir profiter de l’occasion, le spectateur sort du film frustré, en n’ayant strictement rien tiré de cette excursion chez Dior. Tant pis, ce sera pour une prochaine fois…

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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