Parce qu'on en a jamais assez !

DIFRET

Un film de Zeresenay Mehari

Un sujet délicat

En 1996, une jeune fille de 14 ans prénommée Hirut est enlevée sur le chemin de l'école. Séquestrée et violée, elle parvient à s'échapper, volant au passage le fusil de son ravisseur. Encerclée par plusieurs hommes, elle tire d'abord un coup en l'air, puis abat celui qui l'a maltraité...

"Difret" emporte forcément l'adhésion de par le sujet délicat qu'il aborde : l'enlèvement prénuptial, tradition ancestrale dans les villages éthiopiens et interdite suite au cas qui nous est présenté ici. Servi par une troupe d'acteurs tout à fait honorables, le film n'est malheureusement pas à la hauteur du drame qui se joue, le scénario se contentant de dérouler sagement une histoire au potentiel lacrymal très puissant.

Car comment ne pas être ému devant la culpabilité des parents, dont ce père qui a voulu absolument envoyer sa fille à l'école ou cette jeune fille condamnée à l'exil et à qui sa famille manque cruellement ? Comment ne pas être révulsé par le jugement d'un tribunal de village, par les agissements du ministère de la Justice ou par le discours de femmes elles-mêmes habituées à être soumises aux hommes ?

Avec une fluidité teintée d'une certaine naïveté, le scénario relie cependant naturellement tous ces événements et donne à voir un terrifiant fait divers, autrefois courant. "Difret", s’il reste malheureusement un film sans grand relief, a tout de même reçu le Prix du public de la section Panorama du Festival de Berlin 2014.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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