Bannière Festival de Berlin - Berlinale 2020

DEAD SILENCE

Un film de James Wan

"Dors", est le silence...

Un homme revient dans sa ville natale pour enquêter sur la mort mystérieuse de sa femme. Au fur et à mesure de ses recherches, il apprend que ce meurtre pourrait avoir été commis par le fantôme d'une ventriloque continuant à vivre à travers ses marionnettes...

Consacré maître de l'horreur pour avoir commis le surestimé "Saw", le jeune cinéaste aura préféré ne pas reprendre le flambeau pour se consacrer à un nouveau projet. Un second départ réussi ? Rien n'est moins sûr. "Dead Silence" est un film mettant en scène une marionnette maléfique. Voilà pour le pitch, basique, du scénario écrit par Leigh Whannell. Une histoire finalement stupide, construite, comme "Saw", sur un whodunit plus ou moins efficace et malheureusement torpillé par un twist foireux (au traitement formel identique à celui, plus efficace, de "Saw") comme plus personne n'ose en faire et une boogeywoman complètement "craignos monsters" dans l'âme (comme dirait Panoramix : "Quelle langue !").

Mais "Dead Silence" est-il pour autant un mauvais film ? Loin s'en faut. Alors que son premier long ne devait sa relative réussite qu'à son script malin et efficace, James Wan effectue ici l'inverse, compensant les énormes faiblesses de son film par une mise en scène élégante, entre classicisme hérité des grands maîtres du gothique, Mario Bava en tête, et puissance formelle purement contemporaine. Le talent incontestable de James Wan éclate ainsi au travers de quelques séquences (les flash-back concernant Mary Shaw, le générique de début), relayé par la musique absolument démente du compositeur Charlie Clouser, ici complètement déchaîné, et qui nous livre ni plus ni moins que le meilleur score de l'année, hommage monstrueux au "Suspiria" des Goblin. Un semi-ratage, donc, qui n'empêche pas d'attendre le prochain "Death Sentence" avec une putain d'impatience !

Frederic WullschlegerEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire