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CUBAN NETWORK

Un film de Olivier Assayas

Des trous scénaristiques béants

Cinq ressortissants cubains fuient le régime de Castro à la recherche d’une meilleure vie aux États-Unis. C’est du moins leur couverture pour leur mission d’espionnage…

Cuban Network film image

Un an à peine après "Doubles Vies", Olivier Assayas revient en nous offrant une adaptation de faits réels, l’histoire des cinq espions cubains qui avaient été arrêtés en Floride dans les années 1990. Si le sujet semble plus qu’intéressant, le résultat lui est assez décevant malheureusement.

Le film souffre notamment de très gros problèmes narratifs le rendant particulièrement confus et difficile à suivre, à commencer par les personnages eux-mêmes. En effet, l’histoire s’attarde sur beaucoup trop d’entre eux, rendant quasi impossible une quelconque identification ou empathie de la part spectateur, qui se perd devant une telle dilution du sujet, d’autant plus que nombre d’entre eux ne sont finalement que de simples souris dramaturgiques, c’est-à-dire des éléments introduits mais complètement oubliés par la suite.

On comprend donc mal quelles sont leurs intentions, d’autant plus lorsqu’on ajoute les nombreux flash-back très mal amenés, qui partaient d’une volonté de ne pas trahir le rôle d’espion de chacun d’entre eux, mais résulte au final en une majoration de la confusion, obligeant même Assayas par deux moments à couper sa narration (littéralement puisque les deux séquences en questions démarrent et se concluent par des fondus au noir, coupure qui n’est pas réutilisée en dehors) pour avoir des séquences explicatives, s’adressant directement au spectateur, sur ce qui est en train de se passer, preuve ultime d’un ratage narratif complet.

Le plus gros problème en fait, qui englobe le tout, reste l’indécision permanente de l’auteur concernant le genre et le ton à adopter dans son film. Il oscille sans arrêt entre le drame familial et le thriller d’espionnage, mais ne pioche que le moins intéressant des deux à chaque fois, ce qui empêche au final toute implication du spectateur, à l’image de la séquence des bombes à Cuba qui, si elle n’est pas mal réalisée en soit, échoue à établir une réelle tension, puisque les personnages utiles à cette scène ne sont introduits que pour cette scène.

Concernant la réalisation, on retrouve un style assez documentaire et une photographie plutôt agréable à l’œil, avec des couleurs tirant vers l’orange et le rouge. Les acteurs eux jouent tous très bien et aucun n’est donc à blâmer. "Wasp Network" est au final un film qui avait un potentiel certain, mais dont le trop gros nombres de personnage, de choix de genres et de flash-back, engendrent un bien mauvais résultat

Ray LamajEnvoyer un message au rédacteur

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