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COUNTRY TEACHER

Un film de Bohdan Slama

Le bonheur est dans le pré

Un éminent professeur de sciences naturelles quitte la ville de Prague pour se retrouver enseignant à la campagne. Discret, ce dernier ne dévoile rien de sa vie et encore moins sur les raisons qui l'ont poussé à cet exil. Au village, il est très vite adopté et il se lie d'amitié avec une femme plus âgée que lui, mère d'un jeune garçon qui aurait bien besoin de l'aide du professeur pour réussir et ses études...

Un jeune professeur de sciences naturelles d’une trentaine d’années débarque de la capitale dans un village fermier. Lors de son premier jour de classe, il montre à ses élèves une coquille vide d’escargot et tente d’intéresser son auditoire en racontant son histoire à travers sa formation, l'escargot qui l'habitait, son premier hiver, sa première fêlure. Voilà une introduction originale pour un film qui nous apprendra aussi à connaître l’histoire de ce professeur qui cache bien des secrets et notamment certaines de ses fêlures.

Très vite adopté par tout le village, le professeur est alors loin de se douter que le cours de sa vie va basculer dans le drame… Voici une fresque à la sauce tchèque qui, entre les vaches, les paysans et la bière, dépeint les rapports de trois générations : un jeune professeur qui cherche à oublier un pan de son passé et à rebâtir une nouvelle vie, une femme mûre, veuve séduite par la douceur et la gentillesse du professeur, et son fils, l’adolescent fougueux, innocent amouraché d’une lycéenne de la ville. Trois portraits, trois générations et trois destins qui seront intimement mêlés dans la joie et les larmes.

Le réalisateur croque parfaitement ses personnages et les comédiens donnent délicatement vie aux traits de chacun tout en mettant en exergue un caractère commun : la souffrance muette. La souffrance face à l’absence d’un mari, d’un père ou d’une femme. La souffrance face à l’impossible amour pour un homme, un ado, une copine. Et enfin la souffrance face au refus du pardon et au dégoût de soi.

L’histoire de Bohdan Slama est intense, crue et rude, à l’image de la nature qu’il filme en parallèle comme un personnage à part entière. L’odeur du foin vient nous titiller les narines, l’eau fraîche nous donne un léger frisson et on s’émeut du vêlage des vaches. Le film méritait toutefois une meilleure maîtrise de la technique : la lumière manque parfois cruellement de naturel et la mise au point sur certains personnages est de temps à autre gâchée.

Néanmoins, si vous êtes curieux du cinéma de l’Europe de l’est, ce « Country teacher » vous est tout de même conseillé. Il mêle habilement finesse, humour et gravité.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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