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LE CONGRÈS

Un film de Ari Folman

Entre cruelle réalité et naturel besoin de fiction

Une actrice vieillissante, qui n'a fait depuis des années que des mauvais choix pour sa carrière, se voit proposer de scanner l'intégralité de son corps et de ses expressions, afin que son image puisse prendre sa place. En échange, elle doit accepter de ne plus apparaître en public...

Le nouveau film tant attendu du réalisateur de "Valse avec Bachir" a fait l'ouverture cette année de la Quinzaine des réalisateurs 2013. Il s'agit de l'adaptation d'un roman d'anticipation intitulé Le Congrès de Futurologie, et signé Stanislas Lem, l'auteur de Solaris. Après une introduction live très réussie, dépeignant le rapport des actrices vieillissantes au système implacable des studios, le film bascule dans une série de mondes illustrée sous forme de film d'animation, créés par un Studio (la Miramount), utilisant désormais des substances chimiques pour stimuler l'esprit de leurs invités.

Il faut dire que Robin Wright, qui joue ici son propre rôle – soit celui d'une actrice quarantenaire ayant fait de mauvais choix – se retrouve obligée de vendre son image et ce qui va avec (expression, sourire...), pour mieux aider son fils, malade. Son contrat stipulant qu'elle doit rester dans l'ombre durant 20 ans, ce n'est que lors du fameux « Congrès » qu'elle réapparaît, comme invité d'honneur. Mais les substances chimiques absorbées par les uns et les autres ne seront pas sans conséquences sur l'ordre du monde.

Offrant un intéressant discours de fond sur le vieillissement et l'obligation faite à chacun de subir des épreuves, tout comme sur la mondialisation, la mise en perspective offerte par le film, d'une possibilité de s'évader en utilisant différentes substances, n'en a que plus d'impact sur l'imaginaire du spectateur. Visuellement la partie animée enchante par moments, notamment dans ses premières minutes, alors que l'actrice pénètre dans ce monde accompagnée de figures enfantines et rassurantes, lors des passages à l'aéroport, ou lors de la scène conclusive. Mais l'aspect chaotique de certaines séquences et la complexité globale de ce « trip » pourra perdre quelques spectateurs en route. Restent quelques superbes moments, portés par une musique aérienne, exorcisant les craintes du monde du cinéma indépendant, face à des représentations totalitaires des studios, et à des évolutions technologiques qui donnent de plus en plus de rôle à un spectateur désormais autonome.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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