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COEUR D'ENCRE

Un film de Iain Softley

Une jolie idée de conte servie par des effets spéciaux impeccables

Alors qu'il vient de trouver un exemplaire du livre « Coeur d'encre », la fille de Mo se fait aborder par un mystérieux troubadour, balafré, qui l'appelle par son prénom et nomme son père « langue magique ». Surprise, elle apprend alors que son père est capable, alors qu'il lit, de faire sortir les personnages des livres, mais qu'en contrepartie, il ne maîtrise pas qui doit y rentrer. Ce fut le cas de sa mère, neuf ans plus tôt...

« Coeur d'encre » est l'adaptation du roman allemand de 2004, premier volet de la trilogie de l'Encre, signée Cornelia Funke. Et il faut bien avouer que l'idée de départ, la capacité d'un homme à faire sortir les personnages des livres, est à la fois formidable et assez bien exploitée dans ses travers mystérieux dans la première moitié du film. Servie par des interprètes de renoms, dont Helen Mirren, succulente en vieille tante adepte du célibat et râleuse en diable, ou Paul Bettany en cracheur de feu, aux mains magiques, dépité par sa séparation avec son monde, le film fonctionne pendant ses deux tiers, avant de sombrer dans le conte pour enfants dans une denière partie moins inspirée, où les méchants s'avèrent trop caricaturaux.

Si Adam Serkis (Gollum dans « Le seigneur des anneaux ») s'en tire à peu près en méchant despote, voleur reconverti en châtelain, dont la perversité ne convainc qu'à moitié, Brendan Fraser, sensé être le héros, fait plutôt figure de tapisserie. Son personnage manque cruellement d'envergure pour entraîner le spectateur dans sa quête, laissant finalement le bon rôle à sa courageuse fille. Restent des effets spéciaux impeccables mais qui sentent un peu le déjà-vu, à l'image de l'ombre, qui ressemble étrangement à l'une des créatures de « La communauté de l'anneau ». Et surtout quelques mélanges amusants de littératures pour enfants (« Le magicien d'Oz », « Les mille et une nuit »...) qui s'intégreront de manière inattendue à une histoire qui en fait un peu trop.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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