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CIBLES MOUVANTES

Un film de Alain Darborg

Presque pas mal

Nadja est enceinte et ça ne va pas fort avec David, elle ne sait pas si elle veut garder le bébé et s’ils sont prêts. Pour tenter de se racheter et d’apaiser leur couple, David leur a organisé un weekend romantique dans le Nord. Au programme, camping sous les aurores boréales et deux nuits à l’hôtel. Mais sur la route, puis une fois à destination, rien ne va se passer comme prévu…

Sortie le 11 février 2021 sur Netflix

"Cibles mouvantes" est l'une des nombreuses sorties Netflix du mois de février. La plateforme profite de la quasi non-concurrence des salles pour multiplier le rythme de ses sorties originales et propose du contenu aussi bien américain qu'international avec par exemple ici un film franchement suédois.

Mais justement, c'est peut-être ce qui est un peu dommage avec "Cibles Mouvantes" : cette envie de faire suédois. Faire suédois avec cette neige et ses grandes étendues blanches, faire suédois avec ce tueur invisible dans la brume. Faire suédois avec ces espaces isolés et ce froid prégnant. Faire suédois avec cette idée de vengeance sourde et graphique. Faire suédois avec un retour un peu primal à la loi du talion.

Il y a des bonnes idées et des bonnes séquences dans ce film. Rien n'est désagréable et les personnages sont plutôt bien construits, même si d'aucuns trouveront sans doute à redire de l'improbabilité de ce couple, et de la difficulté de les imaginer ensemble. À celles et ceux-là, on pourrait leur conseiller de prendre leur mal en patience car l'intrigue les lie de manière bien plus forte que ce à quoi la première heure laisse supposer.

D'aucuns trouveront également le temps long dans ce film pourtant assez court. D'aucuns penseront également que le froid n'a rien de bon avec le contexte actuel. D'aucuns estimeront aussi que la tension n'est pas si bien maitrisée et qu'elle est même un peu trop étirée pour être réellement efficace. D'aucuns regretteront enfin qu'il y ait une sorte de moralité finale et que le film passe complètement à côté du délit de faciès qui constitue une grande part de l'intrigue du film, délit de faciès dont le spectateur est lui-même complice. D'aucuns trouveront toutefois que ce film n'est pas si mal, qu'il se laisser regarder, et qu'il ressemble étrangement à un épisode de "Fargo" écrit avec les pieds, et que la plupart des frissons viendront de la température plus que de la menace cachée dans le brouillard.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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