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CIAO STEFANO

Un film de Gianni Zanasi

Famille je vous aime

Suite à un concert où le chanteur s'est jeté dans la foule, et brisé l'épaule, un guitariste trentenaire dont les projets de disque piétinent, décide de retourner quelques temps en famille...

Voici enfin une vraie comédie venue d'Italie, et certainement le meilleur film en provenance de la péninsule de l'édition du festival de Venise 2007. Portée par un trio d'acteurs épatants (incarnant 2 frères et une soeur), « Ciao Stefano » est une histoire de retour en famille, et de lutte pour éviter un naufrage, celui d'une usine, symbole de la réussite d'un père, qu'aucun des enfants n'a su égaler. Mais point de tensions familiales ici, le scénario évitant soigneuse tout traumatisme caché, et laissant les personnages évoluer entre de petits secrets, qui démontrent peu à peu que chacun ne connaît pas si bien les autres. Les scènes de révélation de l'homosexualité de la soeur, comme celle de mensonge auprès du père jouant au golf sont particulièrement significatives à ce propos.

Loin d'être un film social, il s'agit d'une vraie comédie de situation, mais surtout de moeurs, usant de ressorts souvent dramatiques, comme la dépression ou l'échec professionnel, pour mieux cerner l'humain. Mais « Ciao stefano » fait aussi, mine de rien, oeuvre de film politique, dénonçant les agissements psychorigides de la police, qui n'a rien d'autre à faire que de verbaliser un automobiliste qui tourne en rond sur un parking vide, ou le fonctionnement à l'italienne des milieux professionnels obligeant à de régulières courbettes auprès des notables influents de la région.

Le rôle des banques est aussi pointé comme désastreux pour les entreprises familiales, faisant tourner lentement la farce vers des situations plus graves, incluant employés laissés sur le carreau et fils sous calmants. Mais l'optimisme à la base du scénario permet de rendre les choses légères, relançant la vie du frère par le biais d'une prostituée engagée pour le détendre. Le film pointe au final, à l'aide de belles paraboles, comme celle du radar automatique, la nécessité de persévérer et d'adopter un rythme moindre. Ainsi, si chacun a besoin d'une pause, « Ciao Stefano » en constitue une belle, une jolie aparté des plus positives, histoire de se redonner du courage.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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