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CHRISTOPHE COLOMB, L'ENIGME

Une jolie preuve d'amour engluée dans une poésie des plus cheap

Les études des textes auraient permis de prouver que Christophe Colomb n'était pas originaire de Gêne. Deux hommes avec une valise s'embarquent sur un rafiot, et arrivent à New York, en plein brouillard...

Manoel De Oliveira se penche sur la découverte de l'Amérique, et plus généralement sur l'influence des navigateurs portugais sur la découverte du monde. Si le voyage est agréable, dans la découverte du sud du Portugal de 1960 comme dans le périple du couple que constituent le réalisateur et sa femme en Amérique, 47 ans plus tard, la symbolique est une fois de plus pénible, voire risible. Le plus âgé (il a dépassé les 100 ans) des réalisateurs portugais ne peut ainsi s'empêcher de convoquer une figure de Christophe Colomb, féminine, épée à la hanche, sensée incarner le regard bienveillant du navigateur sur cette quête d'Histoire avec un grand « H ». Le ridicule est alors au rendez-vous, loin d'une quelconque poésie.

Non seulement la mise en scène a bien du mal à masquer le manque de moyens (ah le brouillard bien pratique sur New York !), mais Oliveira se permet également au passage quelques réflexions rétrogrades sur l'art contemporain et la politique de restauration des monuments, qu'il fait dire, et c'est un comble... à son propre personnage, jeune. Son ode aux découvreurs, si elle paraît bien chauvine, prend des allures d'hommage chaleureux, comparant les navigateurs à Armstrong posé sur la lune ou attribuant le baptême de Cuba au nom du village natal de l'un d'entre eux... Au final, une inattendue déclaration d'amour entre sa femme et lui vient illuminer le dernier quart d'heure du film, plus ouvert. On en ressort avec plus d'interrogations que de certitudes, si ce n'est celle de l'admiration que porte Oliveira à ses « ancêtres », et à son histoire passée comme présente, avec sa femme.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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