Parce qu'on en a jamais assez !

CASTAWAY ON THE MOON

La possibilité d'une île

Criblé de dettes et délaissé par sa copine, Monsieur Kim décide d’en finir en se jetant d’un pont. Quelques minutes plus tard, il se réveille sur la plage d’une petite île du fleuve Han, située sous une bretelle d’autoroute. Ne sachant pas nager, il se résigne à survivre sur ce petit territoire hostile.

Il y a des films comme ça dont on ressort la mine réjouie, parée d’un sourire béat. “Castaway on the moon” est de ceux-là. Véritable petite perle cinématographique, ce film vous invite à deux heures de bonheur. Basé sur un scénario inventif aux rouages parfaitement huilés, Lee Hey-Jun nous offre une pétillante histoire où humour et poésie s'accommodent à merveille.

Tels les déchets plastiques de la surconsommation moderne, Monsieur Kim échoue sur une petite île ancrée au périphérique. Happé par une nature revêche, celui-ci devient un homme primitif qui oublie toute éducation pour survivre sur ce mini résidu arboré de la grande métropole. Les premières scènes sont assez brutes de décoffrage. Un humour potache qui tire notamment parti des douloureux troubles intestinaux de notre héros. Puis, alors que celui-ci défèque bruyamment derrière un buisson, il aperçoit une fleur qui le renvoie à ses plus beaux souvenirs d’enfance. Une petite minute de bonheur qui lui redonne enfin le goût de vivre et l’incite à faire de cette île son petit paradis perdu.

À l’image de son héros, le scénario devient alors de plus en plus adroit. Non content de faire évoluer monsieur Kim par une suite de scènes tout aussi savoureuses les unes des autres, le réalisateur n’en reste pas là et met en scène un autre personnage non moins original : une jeune fille, totalement agoraphobe, qui reste recluse dans sa chambre à observer la lune. Et, bien que nos deux protagonistes soient des prisonniers, lui de l’extérieur, elle de l’intérieur, ils vont réussir à communiquer.

Et c’est en cela que réside la grande magie de ce film : partir d’un postulat totalement saugrenu et réussir à le développer en une subtile comédie délicieusement drôle et attachante. Tout en finesse, le film se construit méthodiquement en ne laissant rien au hasard. Chaque scène révèle des trésors d’imagination pour permettre à ces deux héros d’évoluer dans leur relation singulière. Il en va ainsi jusqu’au final, sublime, et totalement inattendu. Un beau film qui ne ressemble à aucun autre, et où l’on vit de grands moments à l’ombre d’un pédalo en forme de cygne blanc.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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