Parce qu'on en a jamais assez !

LA BUENA VIDA

Un film de Andrés Wood

2ème avis - L'importance du contact avec l'autre

Parcours croisé de plusieurs habitants de Santiago du Chili : Edmundo, coiffeur-esthéticien qui rêve de s'acheter une voiture, Teresa, psychologue qui apprend que sa fille de 15 ans est enceinte, Mario, jeune clarinettiste dont le seul but est d'intégrer l'orchestre philharmonique, Patricia, jeune mère rongée par la pauvreté...

Flirtant en permanence avec la comédie, "La buena vida" constitue une dramatique photographie d'un pays où les problèmes sociaux sont légions. Cohabitation forcée avec les parents jusqu'à des âges avancés, salaires excessivement bas, endettement, prix inaccessibles de certains services, déficience des systèmes sociaux et médicaux, corruption, tout est ici dénoncé, l'air de rien, au travers de la peinture du quotidien difficile de trois personnages auquel on s'attache peu à peu.

Ces destins vraisemblablement communs s'entrecroisent de manière crédible au cœur de d'une ville dont la caméra ne s'éloigne jamais. Quelques personnages secondaires font irruptions régulièrement dans un récit savamment construit, révélant au passage le besoin de contact qu'éprouve chacun vis à vis des autres. Les collègues de l'armée entrainent le musicien loin de sa vocation, la mère du quarantenaire s'avère aussi responsable que gentiment envahissante, les croques morts aident ce dernier à reconsidérer son père dont la disparition était juste synonyme d'un héritage non touché directement, la banquière symbolise le désir inaccessible, lui aussi faute d'argent, et la fille de la psychologue refuse de parler de sa grossesse.

On est forcément touché par l'ensemble de ces destins, même s'il est vrai qu'on aurait souhaité connaître un peu mieux chacun de ces personnages, surtout les secondaires. Au fil du récit, chacun est forcé de faire des concessions avec son idéal, de se rapprocher des autres pour mieux survivre aux aléas de la vie, aux rêves qui se brisent. Mais d'autres rêves se font jour, même dans les pires situations. Et c'est là le plus important: continuer à espérer, malgré une situation sociale des plus tendues et sans parfois réelle perspective.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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