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LES BONNES MANIÈRES

Deux films multiples savamment imbriqués

Clara est embauchée par la riche et oisive Ana, enceinte, malgré son manque de références. De formation d’infirmière, elle fait le ménage et la cuisine, en attendant la naissance du bébé. Mais l’attitude de la maîtresse de maison est de plus en plus étrange, alors que Clara semble elle-même cacher quelque chose...

Parler du "Les bonnes manières" sans en déflorer les multiples secrets n'est pas chose facile. Gagnant du Prix du jury et du Prix de la critique au dernier Festival de Gérardmer, Prix spécial au Festival de Locarno et Prix du public à l'Etrange Festival 2017, l'ensemble des récompenses laissait présager d'un film d'horreur pur jus. Il n'en est pourtant rien, et "Les bonnes manières" aurait pu figurer dans bon nombre de festivals thématiques, du thriller au LGBT, du film romantique au film social en passant par le thriller haletant. Construit en deux parties clairement différentiées, à la fois en terme de lumière (la première est plus sombre, confinant au huis-clos) et d'enjeux (la seconde relève plus de l'espoir), le film surprend en permanence et réussit à générer durant deux heures, une tension.

Dans la première partie l'antagonisme des deux personnages fonctionne très bien, les deux actrices s'avérant parfaitement crédibles dans l'affrontement crescendo entre une femme oisive étrangement coupée des autres et une future nourrice aux abois, qui semble cacher son passé. A la sous-couche en forme de critique du fonctionnement de la société brésilienne, s'ajouten une inquiétude grandissante qui trouvera un double débouché des plus surprenant. Les réalisateurs ayant le sens du climax, le virage opéré avec la seconde partie marque un changement d'état d'esprit et de lumière, trahissant les espoirs de l'une des deux femmes. Sous forme de conte à la fois optimiste et cruel, elle met en avant les qualités qui font l'être humain, tout en ménageant quelques belles émotions. Au final, entre sursauts, images irréelles et élans de tendresse, "Les bonnes manières" ne ressemble à rien de connu et laisse au spectateur bien peu de répit.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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