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BLONDIE

Un film de

Pauvres riches familles suédoises

Trois filles reviennent à la maison familiale pour les 70 ans de leur mère. Chacune est blonde, a opté pour un chemin différent dans la vie, et pourrait bien avoir des choses a régler avec la mère, voire ses sœurs...

On a désormais l'habitude de voir des repas de famille dégénérer en règlement de compte. Ce sous-genre a d'ailleurs donné quelques chefs d’œuvres tel « Week-end en famille » de Jodie Foster, le très politique « Le skylab » de Julie Delpy, ou encore le bouleversant « Festen », du Danois Thomas Vinterberg. Voici que la Suède nous livre sa version de la réunion qui tourne au drame, avec « Blondie », un film découvert aux Jounées des auteurs (Venice days) du Festival de Venise 2012.

Il cependant avouer que le trio de personnages féminins ne captive guère. Car entre l’aînée, devenue mannequin à succès, et adepte du vol à l'étalage, et la cadette, médecin, qui trompe son mari, et la benjamine, les petites chamaillerie semblent tellement superficielles que l'on s'en désintéresse rapidement. D'autant que le suspense maintenu autour du traumatisme de l'aînée, sensé expliquer la distance que ressentent les autres, ou ses accès de colères, semble maintenu bien artificiellement, la révélation se faisant attendre.

Reste la qualité des interprètes, qui compense partiellement les nombreuses faiblesses d'un scénario qui oublie totalement les personnages masculins (l'amant est considéré comme un simple crétin, alors que le mari est juste ignoré...), n'offre que peu de moments de complicités entre les filles (le verre pris en communs, pour mieux se remémorer des souvenirs de petites tricheries ou révéler quelques secrets ou mensonges...), et des coïncidences fort pratiques (tiens, une amnésie !). Bref, « Blondie » évite soigneusement son sujet, préférant les gros violons à une véritable subtilité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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