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BLACKIE ET KANUTO

Un film de Francis Nielsen

Effets de mode

Blackie est la seule brebis noire de la ferme. Lorsqu'elle est née, Kanuto, encore jeune chiot, est immédiatement tombé sous le charme. Mais la jeune fille n'en fait qu'à sa tête et entraîne tous les animaux de la ferme dans son obsession : aller sur la lune...

On avait découvert ce dessin animé, co-production européenne entre la France, la Belgique, l'Espagne et l'Italie, au Forum Cartoon movie 2012, à Lyon. Voici donc qu'il sort sur nos écrans, visant les plus de six ans, avec une histoire mêlant aventures et chamailleries, entre une brebis égoïste et un chien un peu trop fidèle. La première partie est plutôt sympathique, mettant en avant les différences entre animaux de la ferme, et l'intelligence de cette petite brebis prétentieuse et insouciante, prête à tout pour accomplir sa lubie - voler vers la lune -, même à expérimenter avec d'autres animaux, ou à faire sauter cheval et vache sur une carriole, se servant de celle-ci comme d'une catapulte.

La seconde partie est un peu moins convaincante, nous entraînant dans un road-movie improbable, sur les traces de Kanuto, qui tente de veiller sur une Blackie plus déterminée que jamais. Les rencontres bizarroïdes, sensées certainement amuser les parents, s'avère moyennement drôles, et surtout très « mode » (l'apparition du loup Karl Wolf, styliste habillé comme un Karl Lagerfeld, le chien à la tenue de cuir, aux tendances gay sado-maso à peine voilées...). Tout cela vient certes vivifier un gentillet dessin animé pour enfants, fait de formes arrondies et de couleurs vives, mais laisse assez perplexe.

Reste que le message sur la différence n'est pour une fois pas trop appuyé, que la sagesse est au goût du jour, et que les petites filles s'identifieront facilement avec ces brebis coiffées comme des poupées Bratz et dont la seule préoccupation est d'apprendre une chorégraphie. Malgré la qualité d'une animation 3D tout ce qu'il y a de plus honnête, et une certaine imagination au niveau des personnages (les araignées couturières, les chiens cosmonautes...), tout cela manque tout de même un peu d'épaisseur et de fantaisie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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