Parce qu'on en a jamais assez !

BIS

Un film de Dominique Farrugia

Déjà-vu

Éric et Patrice sont deux amis de lycée. Alors que le premier, devenu gérant d’un restaurant de sushis, mène une vie chaotique sur le plan sentimental, le second est un gynécologue reconnu à la vie de famille bien rangée. Mais un soir, après une soirée bien arrosée dans la maison de campagne de Patrice, une chute dans les escaliers de la cave les renvoie en 1986, à la fin de leur année de terminale…

Tout cela sent terriblement le déjà-vu. Le pitch rappelle immédiatement une comédie américaine avec Matthew Perry et Zac Efron, au point que "17 ans encore" aurait tout aussi bien pu être le titre du film de Dominique Farrugia. L'ennui c'est que la morale, en plus d'être en elle-même extrêmement prévisible, est exactement la même que celle du film de Burr Steers.

Certains gags sont juste scandaleusement longs, lourds et appuyés et en plus de nous donner envie de passer la scène en avance rapide, ils alourdissent terriblement le film et cassent le rythme, un élément pourtant primordial dans une comédie. Car là ou "17 ans encore" nous montrait Zac "High School Musical" Efron se comporter comme un adulte (ce qui était déjà drôle en soi), "Bis" nous présente les déboires de Merad et Dubosc adultes, agissant comme des adultes, mais vus comme des ados par tous les autres protagonistes. Cela rend les réactions des personnages secondaires plus bizarres que drôles et transforme des séquences au potentiel comique certain en scènes complètement plates. Le spectateur est donc obligé de se rabattre sur la multitude de gags anachroniques égrainés tout au long du film. Un humour redondant qui ne tombe juste que de manière très aléatoire. La palme de la blague temporelle inutile revient à la scène où Franck Dubosc s'entretient avec un jeune footballeur prénommé Zinédine à qui il prédit une grande carrière et même une coupe du monde en 1998.

Entre Mitterrand, Tang, les booms, les walkmans, le minitel et les francs, difficile pour quelqu'un n'étant pas né autour de 1970 de se sentir concerné. Le téléphone filaire a même droit à un quadruple gag ! Enfin bref, sans être un ratage total (il fera probablement rire les spectateurs de plus de 30 ans), "Bis" est une production très très lambda tirant autant que faire se peut sur des ressorts humoristiques moyens. Pas grand-chose à dire de plus.

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

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