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LES BIENFAITS DE LA COLERE

Un film de Mike Binder

Joan Allen véritable diamant noir

Terry (Joan Allen), la cinquantaine, découvre que son mari l’a quittée pour aller vivre en Suède avec sa secrétaire. Elle reste seule avec ses quatre filles, à déprimer, et surtout à boire en compagnie d’un ami du mari, Denny (Kevin Costner), ancien champion de Baseball…

« Les bienfaits de la colère » délivre, au travers de nombreux règlements de comptes, familiaux ou amoureux, de nombreuses vérité. Son message est simple, chacun, traversant une crise existentielle, peut devenir quelqu’un d’autre en surmontant sa colère. Celle qui est ici envahie par l’agressivité et la rancœur, c’est la mère d’une famille de quatre filles, toutes entre adolescence et premiers pas dans la vie adulte. Et le réalisateur, Mike Binder, qui est aussi scénariste, s’intéresse avec humour et finesse, aux relations mère – filles, aussi semblables que diverses.

Et ces dernières étant étrangement le facteur de stabilité du foyer, même si elles ont chacune leurs tourments. L’une sombre dans la dépression (car elle veut étudier la danse, et que sa mère ne la prend pas au sérieux). La plus âgée se marie avec un jeune inconnu. La troisième veut arrêter ses études, et devient productrice radio pendant l’été, tout en couchant avec un collègue, plus vieux de trente ans. Enfin la dernière se tait, et rêve d’amour avec son pote homo. Et tout se petit monde amuse autant qu’il séduit. Car les situations, si elles sont souvent classiques, trouvent un échos vécu dans des dialogues spontanée et percutants. Le copain de la dernière n’a par exemple jamais essayé avec les filles. Qu’importe, elle lui dit alors « couche avec moi, après tu pourra être gay si tu veux ». Et lui de répondre « merci », sous entendu, « de me donner l’autorisation ».

Le film fonctionne en permanence sur les non-dits, donnant au casting l’occasion de briller particulièrement. En tête, une Joan Allen impressionnante, dont le personnage donne le change, avec un semblant d’autorité. Elle est fermée aux autres, n’exprime que rancœur et suspicion, mais reste superbe et digne, même en atteignant les plus hauts taux d’alcoolémie. Face à elle, Kevin Costner surprend, en vieux beau alcoolique, star déchue du milieu sportif. Le lien entre eux, c’est au départ l’alcool, et le réalisateur traite le sujet avec légèreté, sans nous asséner les classiques réunions d’anonymes. Les effets de l’alcool sur le comportement social sont l’un des ressorts dramatique, autant que comique de ce film, à la formidable fin, où son message prend toute sa dimension, humaine. A voir absolument, ne serait-ce que pour Joan Allen.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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