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BEUYS-2

Un film de
Avec

Le portrait minutieux d'un artiste qui éveille les consciences

Le Festival de Berlin 2017 s’est mis aussi aux couleurs du documentaires, après la victoire du pourtant très superficiel "Fuocoammare" l'année précédente. Proposant un portrait de l'artiste Joseph Beuys, contemporain de Warhol, "Beuys" est construit comme un voyage au cœur d'archives plus que comme une série d'interviews. L’homme étant en effet un performeur au discours étayé, il s’est souvent fait filmer dans le cadre de nombreux happening, celui-ci considérant que « l’art n’était plus un objet mais une action ».

Le choix de limiter au maximum les interviews de proches ou de connaissances, pour explorer les œuvres au travers de photos ou extraits de reportages s'avère vite judicieux, permettant de construire une sorte d'initiation à l'œuvre autant qu'à la vie de l'homme. Un moyen permettant aussi de montrer le charisme de celui-ci, qui avait le don de provoquer la réaction, tout en usant aussi de l’humour. Mais aussi un angle d’attaque mettant en avant son radicalisme, et la manière dont ses collaborateurs ont pu se retrouvés excédés.

Militant écologiste engagé, cet homme n'aura eu de cesse de revendiquer le fait que chacun est un artiste, tout en se laissant aller à rêver, à une carrière politique auprès des verts. Le documentaire, par d’incessants allers-retours dans le passé, n’aura de cesse d’éclairer ses déclarations, même face à la maladie, au regard d’œuvres diverses, dont l’une des plus marquantes revient plusieurs fois dans le film : « 7 000 chênes », symbole d’un changement de paradigme entre le durable (des blocs de basalte) et ce qui croit et grandit (l’arbre), entre la construction et la nature.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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