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BARAKAH MEETS BARAKAH

Un film de Mahmoud Sabbagh

La Rom-Com à la Saoudienne

Un fonctionnaire saoudien chargé d’assigner des amendes aux contrevenants des lois religieuses tombe sous le charme d’une fille à la popularité naissante sur Instagram qui n’hésite pas à critiquer, sur le réseau social, le système en place…

Barakah est un employé de mairie chargé de veiller au respect des règles au sein de l’espace public. Cela fait plusieurs jours qu’il croise la magnifique Bibi, une jeune fashionista très active et engagée sur Instagram dont la mère jalouse la popularité. C’est lors d’un shooting photo que Barakah a un premier contact avec la petite vedette. L’événement n’est pas autorisé mais le jeune-homme décide de fermer yeux. Ce n’est que plus tard, lors d’une exposition interrompue par les autorités religieuses que les deux font connaissance.

Première comédie romantique saoudienne, "Barakah rencontre Barakah" annonce dès le premier carton, son ton corrosif envers le régime en place : « Les pixellisations présentes dans ce film sont totalement normales. Il ne s’agit en aucun cas d’une critique envers la censure. Nous le répétons : Il ne s’agit en aucun cas d’une critique envers la censure ». Une manière aussi de rappeler aux occidentaux à quel point les Saoudiens sont au cœur d’une culture où la censure finit par être considérée comme normale.

Car en plus d’être une agréable histoire d’Amour, ce film est aussi une amusante charge à l’encontre des mœurs restrictives de la société saoudienne. Plusieurs fois, le réalisateur fait référence à cet espace public perdu que les autorités ont rendu déserts. Le panneau planté sur le quai mentionnant l’interdiction de toutes les activités possible et imaginables enfonce d'ailleurs le clou. Dès que de la musique est jouée, dès qu’un jeune couple se réunit, la police religieuse est présente pour tout ruiner. En bonne comédie romantique se passant en Arabie Saoudite, le film aborde bien cet aspect de front. Pourtant, et on l’oublie souvent, le pays n’a pas toujours été comme cela et le protagoniste se souvient, dans une séquence pleine de nostalgie, comment les saoudiens en sont arrivés là.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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