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THE BACCHUS LADY

Un film de E. J-Yong

Touchant portrait d'une vieillesse dans la précarité

En Corée du Sud, une vieille dame recueille un petit garçon, alors que sa mère vient d'être incarcérée pour avoir poignardé un médecin. Travailleuse du sexe, la vieille dame est atteinte d'une maladie vénérienne et doit exercer son métier autrement...

"The Bacchus Lady" est d'abord l'occasion de découvrir une situation précaire visiblement plutôt répandue en Corée du sud : celle de vieilles dames sans le sou, contraintes de se prostituer discrètement dans des cimetières. De vieillesse et de détresse il est ici question, au travers d'un récit d'une tendresse inattendue, qui nous propose de suivre son héroïne, dans son quotidien parfois sordide, comme dans ses élans de générosité.

Au travers de cette histoire d'entraide (la femme recueille un gamin philippin, la mère de celui-ci ayant poignardé devant elle un médecin), le scénario dresse intelligemment le portrait de classes populaires en proie à la pauvreté ou la maladie, dans ce qui est pourtant la 11e puissance économique mondiale. Dans un récit où se mêlent la mort et la sexualité, le film traite à la fois de l'immigration, du manque d'argent, du rôle ambigu des autorités, pointant la possibilité pour certains de considérer la prison comme une solution.

Au travers des voisins du personnage principal (une transsexuelle, un jeune homme un peu voyeur...) ou des souhaits plus ou moins tordus de ses différents clients, c'est le désir de respect qui se fait jour, loin de tout cliché. Plein de surprises et de jolies idées, le scénario de "The Bacchus Lady" enjoint à un rapport à la tendresse plus qu'au sexe, et fait de cette femme si réservée et fine, l'objet de toutes les convoitises. Une œuvre singulière et touchante, qui après sa présentation dans la section Panorama du Festival de Berlin 2016, trouvera on l'espère le chemin des salles françaises.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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