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ARRÊTE OU JE CONTINUE

... de m'acharner sur ton film !!!

Pomme et Pierre forment un couple qui ne se supporte plus depuis trop longtemps. Absorbée dans une éternelle succession de sarcasmes et de reproches, leur relation bat de l’aile. Un jour, au cours d’une marche en forêt, Pomme refuse de rentrer. Elle veut rester ici, loin de Pierre…

Pourquoi ? Pourquoi Mathieu Amalric surjoue ici son traditionnel air buté comme s’il se croyait chez Quentin Dupieux ? Pourquoi Emmanuelle Devos s’emploie-t-elle à jouer les casse-couilles en donnant toujours l’impression d’avoir la tête ailleurs ? Pourquoi ce tandem aujourd’hui bien connu délaisse ici pour de bon cette classe romanesque qui les rendait si fabuleux chez Arnaud Desplechin pour passer presque deux heures à s’ennuyer ferme en attendant leur chèque ? Pourquoi Sophie Fillières ne leur donne strictement rien à jouer, ni même rien à incarner ? Pourquoi leurs deux personnages ne se supportent-ils pas à ce point ? Pourquoi ne se séparent-ils pas au bout d’un quart d’heure ? Pourquoi leur faut-il 105 minutes pour aboutir à un constat bidon qui aurait davantage trouvé sa place dans la scène d’ouverture ? Pourquoi la plupart des plans s’étirent sur deux minutes là où deux secondes suffisaient ? Pourquoi tant de je-m’en-foutisme dans la mise en scène ? Pourquoi tant de médiocrité dans l’écriture des dialogues ? Pourquoi tant de néant dans le propos ? Pourquoi l’ennui abyssal provoqué par ce film est-il corollaire de notre sensation de ne pas y trouver la moindre trace de scénario ou de trame narrative ? Pourquoi cet hallucinant foutage de gueule sur pellicule a-t-il été financé pour finir par être projeté dans une salle de cinéma ?

On s’en pose des questions, durant la projection d’"Arrête ou je continue" (un titre qui, trois fois hélas, fait figure de malédiction bien trouvée). Mais tout cela reste bien vain, tant il est rare de tomber sur un tel étalage de néant, où la réalisatrice tente de meubler du vide avec du creux en donnant l’impression qu’il s’y passe quelque chose. D’autant que sur l’idée d’un couple moyen qui se chamaille pour rien sans que l’on sache pourquoi, on en arrive presque à regretter nos vieux vaudevilles franchouillards qui, eux, avaient au moins le bon côté de faire claquer les portes tout en jouant à fond sur l’hystérie. Ici, le spectateur ne fait que compter les minutes en voyant ce couple bien idiot se jauger pour voir lequel va finir par craquer. Il aimerait bien que ça se finisse au plus vite, aussi. Et avec deux immenses acteurs de cette trempe, c’est juste inadmissible.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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