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LES AMOURS SECRETES

Un film de Franck Phelizon

Un film hommage, malheureusement sans grand relief

En 1942, Huguette, une chanteuse de cabaret, vit seule avec sa mère. Avec l’aide de Hans, un soldat allemand enrôlé contre son gré dans la Waffen SS, elle recueille Louise et Robert, des clandestins juifs et leur fournit des papiers afin qu’ils puissent passer au Royaume uni. Hans et Louise tombent très vite très amoureux, au grand désespoir de Robert, lui même très épris de la jolie jeune fille...

Le thème de l’occupation offre aux scénaristes des récits terribles de familles et de couples déchirés par la clandestinité, où la peur d’être déporté ou exécuté est un traumatisme quotidien. Des faits tellement glaçants qu’il suffit de les raconter pour émouvoir toute une assemblée. Inspiré de son histoire familiale le réalisateur a voulu, avec «les amours secrètes», rendre hommage à un parent. Une implication qui va malheureusement totalement desservir son film.

Avec les histoires d’amour comme thème principal, Franck Phelizon s’embourbe vite dans de longues scènes contemplatives où les couples s’embrassent langoureusement. Une tendresse excessive qui aboutit paradoxalement à une émotion des plus feutrée. Le film verse très vite dans le mélo à l’eau de rose, mièvre et gentillet, conséquence de la retenue d’un homme ne pouvant s’imaginer ses parents vivre une dévorante histoire d’amour passionnelle.

Autre ombre au tableau : une interprétation bien décevante. L’actrice jouant Huguette en fait des tonnes alors que les autres tentent tant bien que mal de tirer leur épingle du jeu. Des rôles sans épaisseur où chacun rit d’un rien et pousse la chansonnette pour un oui ou pour un non. Pour agrémenter son film, le réalisateur a invité deux «Guests» : Anémone, qui fait tapisserie dans un rôle de mère mutique qui pleure sur commande, et Richard Bohringer qui fait un passage furtif en début de film pour énoncer de grandes phrases trop bien écrites pour être prononcées dans la vie réelle. Sur le papier, l’histoire de Louise est des plus touchantes, dommage que le passage à l’écran l’ait rendue totalement insipide.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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