Parce qu'on en a jamais assez !

ALWAYS BE MY MAYBE

Un film de Nahnatchka Khan

Un menu déséquilibré et pas assez épicé

Durant leur enfance, Sasha et Marcus sont inséparables, la première étant souvent invitée chez le deuxième alors que ses propres parents ont tendance à la délaisser. Arrivés à l’adolescence, ils perdent ensemble leur virginité et cet épisode signe le début de leur éloignement. Devenue une star de la grande cuisine à New York, Sasha revient à San Francisco pour y ouvrir un nouveau restaurant. Elle y retrouve Marcus, qui n’a pas quitté la ville de leur enfance…

Sortie le 31 mai 2019 sur Netflix

Si vous avez regardé – et aimé – les deux one-woman-shows d’Ali Wong ("Baby Cobra" et "Hard Knock Wife", tous deux diffusés sur Netflix), vous risquez d’être déçus par "Always Be My Maybe" ! Comme la comédienne en a coécrit le scénario, on pouvait en effet s’attendre à retrouver l’humour trash et décalé de ses spectacles, mais la comédie s’avère bien bien bien plus sage ! On a ainsi droit avant tout à une comédie romantique plutôt gentillette, cuisinée avec les ingrédients habituels du genre. Les rebondissements ne constituent donc pas l’atout principal, tant on les devine aisément, et c’est donc encore plus dommageable que l’inventivité humoristique d’Ali Wong ne vienne pas pimenter l’ensemble.

Si quelques répliques viennent ça et là saupoudrer un peu d’espoir, nous permettant d’espérer que le film se révèle plus épicé, il faut attendre l’apparition de Vivian Bang puis, surtout, celle de Keanu Reeves (plein d’autodérision dans son propre rôle) pour obtenir enfin une plus longue série de situations et répliques hilarantes et délirantes, pour quelques scènes assez jouissives, durant lesquelles Ali Wong et Randall Park sortent un peu plus du politiquement correct et du mielleux. Malheureusement, le soufflé retombe très vite et cela constitue les seuls vrais morceaux d’enthousiasme à se mettre sous la dent.

Après ce plat principal franchement pas copieux,  la romcom reprend son cours jusqu’à une fin digne d’un dessert fadasse sorti d’un four à micro-ondes. Le tout est globalement honnête (et plaira quand même aux amateurs et amatrices du genre), les protagonistes ont le mérite d’être attachants (en partie grâce à une tendre introduction sur l’enfance de Sasha et Marcus) et les chansons entonnées par le personnage de Randall Park sont amusantes (surtout "Tennis Ball" et "I Punched Keanu Reeves"). Mais, quitte à insister lourdement sur la métaphore filée gastronomique de cette critique, on reste sur notre faim !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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