Banniere-Berlinale-2019

ALIEN CRYSTAL PALACE

Un film de Arielle Dombasle
 

Essentiel

Un savant fou, à la tête d’une société secrète ésotérique, organise un faux tournage pour provoquer la rencontre entre une réalisatrice et un rockeur, qu’il considère comme étant à la fois suffisamment différents et compatibles pour recréer le mythe antique de l’androgyne : la réunion parfaite d’un homme et d’une femme…

Alien Crystal Palace film image

C'est une œuvre singulière, une rêverie poétique et mystique. "Alien Crystal Palace" un film de genre, car à la fois mêlant différents genres cinématographiques, et sur le genre, l’androgyne, l’amour, la passion, la trahison. Un récit peuplé de personnages étranges, énigmatiques, inquiétants parfois, rassurants aussi. Une œuvre qui nous permet d'accéder à un inconscient qui évolue de façon imprévisible et chaotique, à la fois léger et profond, où la pureté fait face au réel.

Il est un mélange réussi de pulsions, de mouvements, c'est l'individu avant qu'il ne fasse société, avant même qu'il ne soit un individu, un être conscient. Arielle Dombasle nous conduit ainsi au sein d'un univers post-romantique moderne que l’on imagine être le sien. Chose essentielles, ajoutons aussi qu’Arielle y a mis beaucoup d’elle même, on la devine, on la découvre. Avec ce film, Arielle Dombasle signe une œuvre a la fois universelle et personnelle, dans laquelle elle nous plonge dans le magma de l'être humain originel, la matière dont nous sommes faits, rien de moins, rien de plus essentiel.

Jean-Marc MartyEnvoyer un message au rédacteur

Ni queue ni tête (et pas grand-chose d’autre)

Présenté comme une « tragédie musicale » et revendiqué comme un film underground d’inspiration lynchéenne (rien que ça !), "Alien Crystal Palace", quatrième long métrage de fiction d’Arielle Dombasle, ressemble dès le départ à un objet foutraque et kitsch dont on peine à saisir le sens comme la tonalité. On rit volontiers (ou on soupire, selon l’état d’esprit) devant la mise en scène laborieuse, les costumes bling-bling de pacotille, les effets démonstratifs ou encore le jeu souvent approximatif (que ce soit de la part de non-acteurs comme Christian Louboutin ou d’acteurs reconnus comme Michel Fau). Si l’humour est quelquefois volontaire, l’ensemble se prend bien trop au sérieux et devient d’autant plus affligeant. Tout ou presque est risible : la superficialité éthérée, l’incohérence des situations, la progression indigeste du scénario (« on s’en fout du scénario », dit un personnage, sans que l’on sache vraiment s’il s’agit d’autodérision, de lucidité ou de maladresse), la candeur des fantasmes saphiques ou des délires ésotériques, la réalisation laborieuse voire aléatoire…

Si l’on peut ça et là s’amuser en prenant le film au second degré (comme avec tout « bon » nanar qui se respecte), la médiocrité générale finit par être lassante et même oppressante. Le personnage de Nicolas Ker y est aussi pour beaucoup : à la fois caricature de lui-même et sorte de sous-Gainsbourg (le cliché du séducteur provocateur, vulgaire, désinhibé et – évidemment – ivre), il erre à travers le film comme une figure incontrôlable et agaçante, dont les répliques sont parfois inaudibles et les motivations illisibles. Sa musique aurait au moins pu être un atout du film, mais rien ne permet de la mettre suffisamment en valeur.

Le ridicule atteint également son paroxysme avec l’ubiquité de l’inspecteur (incarné par Theo Hakola, avec ses faux airs de Jeremy Irons ou de Christopher Lloyd), qui dirige une improbable police internationale à mi-chemin entre la Gestapo et les icônes fétichistes de Tom of Finland ! Quand une autre réplique déclare « Vous ne pouvez pas comprendre, je suis désolé », on serait tenté de répondre que c’est effectivement désolant…

Raphael JullienEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire