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À TOUS LES GARÇONS QUE J'AI AIMÉS

Un film de Susan Johnson

Tendrement vôtre

Au fil de son adolescence, la timide Lara Jean a écrit des lettres d’amour aux cinq garçons dont elle a été amoureuse. Elle s’y est ouverte comme jamais, mais elle a conservé toutes ces secrètes missives dans une boîte. Jusqu’au jour où sa sœur cadette les découvre et les envoie…

Sortie le 17 août 2018 sur Netflix

Commençons par une remarque qui pourra paraître idiote : avoir un teen movie dont l’héroïne fait partie de la minorité asio-américaine, voilà qui peut être un bon signe d’ouverture, à contre-courant d’un genre trop souvent dominé par les Blancs WASP. Passé ce constat réjouissant, admettons que cela ne suffit évidemment pas à faire un bon film ! Heureusement, cela ne garantit pas non plus d’avoir affaire à un navet qui ne reposerait que sur cet atout de diversité.

Si l’introduction est poussive, avec une présentation un peu brouillonne de la famille du personnage principal (l’air de parenté entre les sœurs n’est pas flagrant, les informations sur la défunte mère arrivent un peu tardivement…), on est assez rapidement séduit par la personnalité attachante de Lara Jean. Bien que le scénario repose sur les poncifs de la meuf marginalisée qui aimerait séduire les beaux mecs, le caractère de certains protagonistes peut faire la différence et permettre à cette énième variante du film d’ados de sortir un tant soit peu du lot. "À tous les garçons que j’ai aimés" peut aussi compter sur sa tendance à bousculer certains stéréotypes, notamment en permettant aux personnages masculins d’endosser une certaine sensibilité – celle dont ils sont régulièrement dépourvus dans ce genre de film au profit d’une virilité souvent présentée comme à la fois intrinsèque et indispensable.

Le soufflet retombe quand même, au fur et à mesure que le film délaisse l’originalité au profit d’un romantisme au rythme plus plan-plan, alors que l’envoi des cinq lettres aurait pu donner lieu à plus de quiproquos ou autres situations abracadabrantes. Toutefois, si on a un petit côté fleur bleue, il y a de quoi passer un bon moment, même en regrettant une plus grande harmonie de mise en scène et même en sentant la fin arriver de très loin.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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