Parce qu'on en a jamais assez !

A BIGGER SPLASH

Un film de Luca Guadagnino

La grande débandade

Un couple amoureux, Paul et Marianne, passe des vacances en bord de mer sur l'île italienne de Pantelleria, proche de la Sicile. Chanteuse très connue, Marianne se remet lentement d'une extinction de voix. Débarque alors Harry, un ami américain producteur de musique, et accessoirement ex de Marianne, avec sa charmante fille supposée avoir 22 ans...

Remake de "La piscine" de Jacques Deray, "A bigger splash" bénéficiait avant tout d'un casting international de qualité et de la renommée de son réalisateur, auteur de "Amore". Autant d'atouts posés a priori, qui valurent au film de se retrouver en compétition au Festival de Venise 2015, en septembre dernier. Malheureusement, malgré une ambiance estivale remarquablement mise en images, le film ne tient pas la route, ne réussissant à communiquer ni les tourments ou troubles des personnages, plongeant progressivement dans le ridicule au fil d'un récit qui fait de l'obsession un sujet de pure hystérie.

Il faut dire qu'à l'histoire de couples, d'amour passé, d'amitié biaisée, de rancœurs et jalousies, l'auteur a eu la mauvaise idée de rajouter de malheureuses allusions aux nombreux immigrés arrivant sur les cotes italiennes, ou à l'inefficacité de policiers locaux plus préoccupés par des autographes que par leur enquête. Flirtant en permanence avec la caricature, le film plonge rapidement dans le ridicule, que ce soit avec la crise de larme de Tilda Swinton, les paraboles entre les 6 chansons et les 6 ans de liaisons, et les pitreries insupportables de Ralph Fiennes.

Il faut dire que l'acteur en fait des tonnes, incarnant un personnage tellement insupportable qu'on aurait envie de le noyer nous même dans la piscine au bout de moins d'une heure. L'empathie n'est donc au rendez-vous avec aucun des personnages, pas plus que la sensation d'érotisme ne transpire de scènes pourtant vouées à cela (ah, le supposé effet de la ricotta chaude !!). Loin de toute subtilité, annihilant le moindre non-dit, « A bigger splash » finit par réellement agacer par ses clichés et ses aspects racoleurs.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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