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800 BALLES

Une nouvelle comédie excentrique de Alex de la Iglesia

Un jeune garçon découvre l'existence de son grand père, et part à sa rencontre, dans le Sud de l'Espagne, près d'Almeira, là où l'on tournait jadis de grands western, et où l'ancêtre donne aujourd'hui des spectacles. Prétendant être la doublure de Clint Eastwood, ce dernier défendra corps et âme le village de carton pâte lorsque des financiers voudront le raser…

n film de Alex de la Iglesia est forcément une curiosité, car nécessairement outrancier, kitsch et formidablement référencé. Après Le jour de la bête (Grand prix à Gérardmer) où un prêtre recevait de manière irrévérencieuse une croix sur la tronche dès le générique de début. Après Mes chers voisins, où il était bien difficile de déménager avec son magot lorsqu'on abrite un immeuble de Madrid, et qu'on doit faire face à des voisins s'épiant les uns les autres, et qu'on habite pas réellement dans l'appartement qu'on occupe. Voici aujourd'hui 800 balles, parodie enflammée de western, aussi excessive que les cow-boys espagnols ont le sang chaud.

Après une installation des personnages quelque peu longuette, on appréciera la nostalgie qui émane des quelques scènes de bataille orchestrées pour les besoins de ce simulacre de parc d'attraction en pleine déconfiture. La vie de ce lieu touche à sa fin, et avec lui, celles de tous les témoins d'une époque révolue. Mais le grand père, extrêmement touchant, que l'on pourra aisément croire mythomane, croit à ce passé qu'il regrette, et à sa sois disant amitié avec Clint Eastwood. Dans sa dernière partie, le film déraille, laissant place à une formidable idée de western, avec affrontement entre les cow-boys et indiens, et les financiers et les CRS. Passons sur le symbolisme du mépris du capitalisme pour le patrimoine et pour les hommes, pour signaler la réussite formelle de l'hommage de La Iglesia au western Spaghetti. Un film drôle et touchant, frôlant fréquemment le grotesque, sans jamais y tomber, même lors du coup de bambou final, qu'il fallait décidément oser.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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