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600 KILOS D'OR PUR

Un film de Éric Besnard

1H40 de pacotille

Virgile, pilote d’hélico en Guyane, décide d’arrêter le trafic d’essence pour organiser un casse dans une mine d’or. Il s’entoure de quatre autres mercenaires, aux qualités complémentaires, afin de mener à bien son projet. Or l’un d’entre eux meurt quelques jours avant. Sa femme, n’ayant plus rien à perdre, décide de le remplacer au sein de l’équipe de truands. Malheureusement, après avoir dérobé les 600 kilos d’or pur, l’hélico en surcharge doit se poser en catastrophe dans la jungle hostile…

« 600 kilos d’or pur », c’est à peu près le prix qu’a du coûter ce film à ses financiers. Intégralement tourné en extérieur dans la jungle guyanaise, le réalisateur n’a pas lésiné sur les moyens, décor sublime, photo léchée… mais qu’importe le flacon quand on n’a pas l’ivresse ! En effet ce film dit «d’aventure» ne s’aventure guère plus loin que les clichés du genre. Un divertissement qui pourrait faire sourire si il s’agissait d’une parodie. Hélas, ici, tout est bien sérieux et assumé.

Alors nous voilà partis dans un long récit où chaque rebondissement est attendu, annoncé par flûtes et violons lancinants. Bienvenue dans une jungle aseptisée où seul un serpent mord (et encore, son venin n’est pas mortel), où les crocodiles vous jettent un regard étincelant d’image de synthèse, et où une femme accouche, sur trois feuilles de bananier, d’un bébé, soudain tout propre et paraissant 6 mois. Les hélicos des gendarmes et les quads des garimperos (chercheurs d’or hors-la-loi) fusent de tous côtés, mettant régulièrement notre joyeuse équipe en danger. Heureusement il y a toujours un indien énigmatique caché derrière un arbre pour tuer les méchants avec sa sarbacane !

Le gang d’experts malfaiteurs lâché dans la jungle amazonienne apparaît bien vite comme une équipe de bras cassés. Chacun a un rôle bien défini : le sniper silencieux qui ne manque pas une occasion de tuer même à moitié aveugle, le fieffé salaud qui se justifie en évoquant l’or des juifs transformé par les nazis en gourmette pour bébés et la jolie fille inconsolable, au visage impassiblement triste, qui n’écoute que son grand cœur. Enfin, il y a «le héros». Sur le papier, celui-ci est censé être une brute épaisse au début du film pour se révéler prince charmant à la fin. Malheureusement mal dirigé, Clovis Cornillac évoque plus un grand adolescent qui roule des mécaniques, crapotant une sans filtre préalablement bien tapotée sur sa montre amphibie. Et finalement, seul Patrick Chesnais est crédible dans le rôle du mercenaire blasé.

Plombé par une direction d’acteurs qui appuie lourdement chaque émotion, «600 kilos d’or pur» est dépourvu du plus important : la peur. C’est pourtant une sensation toute naturelle quand on est perdu en pleine forêt amazonienne. Malheureusement le réalisateur a pris le parti de parer son film de bons sentiments et l’histoire s’embourbe très vite dans la relation bien mièvre entre Virgile et Camille. Sans suspens, ni relief, ce film est un bien maigre divertissement pour aborder la rentrée.

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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