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25 AVRIL

Des témoignages sous forme d'animation

Le 25 avril 1915 est le premier jour de la bataille de Gallipoli dans les Dardanelles en Turquie, qui dura des mois et aboutit au retrait des troupes de l'Empire britannique en plein hiver. Un combat auquel les soldats néo-zélandais ont pris part, non sans conséquences...

Avec "25 april", la documentariste Leanne Pooley a fait appel à Flux Animation Studio pour mettre en images son nouveau projet, évoquant l'un des événements marquants de l'Histoire de la Nouvelle-Zélande, situé durant la Grande Guerre : la bataille de Gallipoli. Une tentative pour s'implanter sur une péninsule et ouvrir la voie vers Constantinople, qui impliqua quelque 25 000 hommes, provoqua plus de 2 000 morts au fil des assauts durant plus de 4 mois, puis 200 morts de froids, avant que l'armée n'évacue à partir du 7 décembre de la même année.

Si l'intention est indéniablement bonne, on s'étonne que les lettres de divers soldats et d’une infirmière, qui ont été retrouvées, soient traduites à l'images par une succession de faux entretiens face caméra, qui viennent casser le rythme d'un récit fait d'images à la surprenante beauté picturale, bien qu'elles représentent pourtant autant d'horreur. Ne révolutionnant pas le genre du documentaire animé, le film s'éloigne rapidement sur la forme d'un « Valse avec Bachir » auquel on aurait pu penser qu'il s'apparenterait au début. Après une charge en noir et blanc, permettant l'utilisation soudaine du rouge pour les explosions et le sang, la réalisatrice varie les points de vue, de plongées inquiétantes en ralentis représentant certaines actions (une balle qui file...).

Le côté graphique prend le dessus sur les aspects pédagogiques et la représentation du conflit dans toutes ses dimensions (les charges absurdes, l'attente interminable, le coulage de bateau...). Restent des images marquantes, tel le drapeau qui recouvre progressivement la colline ou la montagne de corps, comme enroulés. Au final "25 april" est une oeuvre témoignage, qui aurait mérité, du fait de l'animation, de s'éloigner totalement des rebattus allers-retours entre témoins et reconstitutions.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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