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18 ANS APRES

Un film de Coline Serreau

Déception

La petite Marie a grandi et depuis 18 ans elle vit en compagnie de ses trois pères. Le bac en poche, elle part passer les vacances en Provence en compagnie de sa mère, du compagnon américain de celle-ci et des deux garçons du dit américain. Mais comme toujours ses trois pères vont faire leur retour…

Si la petite a grandi, ses trois gardiens faisant office de père n'ont eux, pas changé d'un iota. Ils se comportent toujours de la même manière, accordant à Marie une place centrale dans leur vie au détriment de leurs propres besoins. Et même les gags gardent cette saveur répétitive, ce non-changement, tellement ils semblent puiser dans le premier film.

Toujours en conflit avec leurs petites amies respectives, ils se fixent en permanence l'esprit sur Marie, son avenir et ses problèmes. Mais ces trois hommes, semblent encore bloqués avec le couffin et n'ont pas vu grandir la petite. La réalisatrice non plu. Alors pour emballer l'intrigue, d'autres personnages font leur apparition, certains horripilants (à bas les U.S.A) et d'autres au contraire bien attachants mais malheureusement insuffisamment exploités ( la gouvernante et le petit garçon).

Et la scénariste réalisatrice se focalise sur une fausse intrigue amoureuse entre une adolescente qui se cherche et un jeune américain qui se bonifie rapidement trop rapidement. Les trois papas poules ne sont ni là pour l'aider, ni là pour l'empêcher, tout juste apparaissaient-ils comme une des cautions du film. Et le grand appartement, un des héros physiques du premier film, se voit remplacé ici par une magnifique maison de vacances, mais qui n'apporte cette fois ci rien à l'action.

La réalisation au format numérique, si elle donne par moment de la vigueur au film, n'apporte pas non plu grand chose. La seule satisfaction vient des comédiens et notamment du trio, qui malgré une place presque secondaire dans cette histoire, en jouant à fond la carte de la nostalgie, amuse par ses envolées, ses engueulades et ses changements de sentiments dès que la jeune fille rentre d'une manière ou d'une autre dans la conversation (avec une mention spéciale à un Roland Giraud en pleine forme).

Dommage donc pour la suite d'un des plus gros succès des années 80, qui ne retrouve ni la fraîcheur ni le ton de l'original, auquel tant de spectateurs s'étaient identifiés, la faute à un scénario bancal et qui s'éparpille pour essayer de contenter tout le monde.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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